vendredi 24 mars 2017

Cap symbolique de 100.000 visites du blog Jean-Ndouanis franchi

Chers visiteurs


Le cap symbolique de 100.000 visiteurs a été franchi et c'est grâce à vous. J'aimerai par la présente vous signifier toute ma gratitude.

Votre fidélité à ce blog permet à celui-ci de prospérer et à propager ses idées, ses messages de paix, de démocratie et de lutte contre l'asservissement dont sont victimes les peuples africains. Mais aussi des informations cruciales, des analyses objectives, des discussions de toute sorte, des points de vues contradictoires avec cette conviction que dans une discussion juste la vérité vaincra et que muni de cette vérité les peuples africains s'affranchiront des tutelles néocoloniales criminelles et mafieuses.

Ce blog cherche une paix juste entre les peuples et les nations du monde entier, et particulièrement la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes, à se choisir ses propres dirigeants, à se choisir leur propre destin avec pour principe fondamental l'égalité de tous les êtres humains, les mêmes droits reconnus aussi bien aux puissantes nations qu'aux nations plus modestes. Aucun Etat n'a le droit d'asservir un autre Etat sous prétexte que celui-ci détient des ressources vitales pour son économie ou son complexe militaro industriel.

Cette lutte qui est planétaire l'est d'abord au niveau des nations, des peuples de chaque pays. Les peuples de chaque pays doivent de toutes les façons possibles se libérer du joug de l'oppression et des dictatures installées par la criminalité internationale. L'ennemi est le même dans tous les pays: la finance internationale qui a pris en otage les gouvernements démocratiques des pays puissants. Elle se sert de ces gouvernements pour assouvir leur besoins de puissance par l'asservissement financier des pays pauvres. De ce fait elle installe des dictatures dont le seul but est de garantir leurs intérêts au détriments des peuples autochtones qui vivent dans la pauvreté et la misère biblique.

La politique néocoloniale de la France est un désastre pour la vie des peuples africains, le climat, les forêts et toutes les ressources naturelles volées à ce continent ultra pauvre. La Politique de pillage organisée à laquelle les gouvernements successifs de gauche comme de droite participent de façon ostensible sans la moindre morale est loin de refléter les pratiques droits-de-l'hommiste dont ce pays se prêtend.
En effet, la France depuis de Gaule, après la longue nuit de l'esclavage, et la criminelle période coloniale, puis des indépendances factices des pays colonisés, participe, à travers des réseaux criminels intégrés secrets et mafieux, à des coups fourrés, des assassinats des opposants, des chefs d'état, des guerres coloniales illégales dans l'Afrique francophone et accessoirement dans d'autres parties du monde, comme la Syrie.

En imposant à la tête des Etat faibles un dictateur corruptible à la place d'un démocrate élu, la France oriente la politique et l'économie de ces pays en faveur des entreprises et multinationales françaises, notamment extrativistes. Violant ainsi les règles de la libre concurrence internationale. Les pays détenteurs de ces matières premières dites stratégiques, en tète desquels le pétrole et l'uranium trônent, sont condamnés à subir ad-vitam aeternam le joug de cette mafia. Dans le cas emblématique du pétrole, la corruption est systématiquement pratiquée à travers des prêts détournés par les dirigeants avec l'assentiment des pays prêteurs comme la France.

Ces dettes odieuses, car illégitimes, sont remboursées par les peuples à travers des contributions tout aussi odieuses. Celles-ci nous ont appauvri de façon durable. Ces dettes constituent le vecteur de la dévastation de nos richesses naturelles. Pour rembourser des emprunts qui n'ont pas étés investis, les dictateurs exportent de l'or, du pétrole, du bois, du cuivre, du cacao, etc, sans transformation, à travers une entreprise française, bien sur.

Les plus values et emplois industriels générés sont réservées aux néocoloniaux. La France en compte rien que pour le Gabon 45.000 expatriés qui travaillent avec des salaires mirobolants plusieurs dizaines de fois supérieurs à ceux des gabonais, à qualification égale. Cette méprise est faite avec l'assentiment des valets locaux qui se sont constitués en caste de bourgeois corrompus et repus qui prélèvent un fort pourcentages sur les miettes reversées à l'Etat. Ainsi ces gouvernants se sont institués comme  colons de l'intérieur, pour reprendre le terme de Tibor MENDE. Ils dirigent leur pays non pas pour le bien de leur peuple, mais pour le bien des multinationales françaises, et pour le leur bien sur. C'est le but de la Françafrique.

Cette réalité est omniprésente en Afrique et n'a jamais cessé malgré les dénégations de ces présidents français qui proclament tous, pendant les joutes électorales, qu'ils vont y mettre fin. Mais dés qu'ils sont installés, ils deviennent les véritables protecteurs de la Françafrique.

Cette nébuleuse mafieuse criminelle intégrée n'a pas hésité à assassiner des leaders honnêtes et compétents qui voulaient le bien de leurs peuples.
Pour ne citer que quelques exemples, Lumumba a été assassiné au Congo Kinshasa et remplacé par un dictateur sanguinaire hyper corrompu.
De même, au Congo Brazzaville, deux leaders, Massamba Débat et  Mariem Ngouabi, ont été assassinés pour être remplacés par Sassou Nguesso, qui après avoir été battu aux élections présidentielles dans les années 90, est revenu par un coup d'Etat organisé par la multinationale française Elf au prix des milliers de morts. Depuis il organise de simulacres d'élections aussitôt reconnues par les gouvernements français. Aux dernières élections ou il a été battu par le leader de l'opposition, il a réitéré son coup d'Etat et à fait emprisonné le vainqueur de l'élection présidentielle Jean Marie MOKOKO.

Thomas Sankara qui refusait ces politiques criminelles et impérialistes et voulait l'autonomie de son pays, en tout cas une véritable indépendance, a été assassiné par le corrompu et sanguinaire Blaise Compaoré en 1987. Ce dernier, armé et financé par la Françafrique et bénéficiant de la protection du président "normal" français François Hollande, a été éjecté du pouvoir par une révolte populaire en 2014. François Hollande l'a exfiltré du Burkina Faso pour le refugier au Maroc, puis en Côte d'Ivoire ou son complice Ouattara lui a donné la nationalité ivoirienne. 

En Côte d'Ivoire, un président élu a été éjecté du pouvoir par l'armée française, après que celle-ci eu organisé une rébellion armée qui a couté la vie à des milliers d'ivoiriens. Le seul tord de Gbagbo est celui d'avoir cru à l'indépendance et à la souveraineté de son pays. Il a été transféré à la CPI ou la France l'accuse, par ses intermédiaires, de tous les crimes imaginaires possibles.

Au Cameroun avant son indépendance, la France a mené une guerre coloniale atroce et a commis un génocide sur les bamilékés. Non content d'avoir assassiné les leaders opposants camerounais Um Nyobé, Philippe Ouandié et beaucoup d'autres, il a installé au pouvoir un criminel du nom d'Ahmadou Ahidjo en 1958. En 1982 il a remplacé, grâce à un coup d'Etat de palais, par Paul Biya, un autre dictateur toujours en poste en 2017. Ce dernier qui ne se préoccupe que de son "pouvoir" vit entre Paris et Genève et s'accorde des rares séjours au Cameroun.

La situation est la même au Tchad, au Togo, en Centrafrique, au Benin, au Sénégal, en Mauritanie, au Mali, etc. On y trouve toujours d'inamovibles dictateurs présidents qui détournent l'argent de leurs pays avec le concours des multinationales françaises. Les politiciens français de gauche comme de droite sont arrosés depuis de décennies des fruits de ces rapines à travers des mallettes d'argent liquide. La longévité au pouvoir de tous ces dictateurs est due à ces colossaux détournements malgré l'État de grande pauvreté de leurs peuples.

Au Gabon, après l'indépendance factice de 1960, la France a installé un fantasque au pouvoir. Minoritaire dans un régime parlementaire, sous instigation de la Françafrique de Foccart, Mba Minko fera un coup d'état constitutionnel pour s'offrir tous les pouvoirs d'un régime présidentiel propre. Le peuple à travers son armé va le déchoir de ce pouvoir usurpé. La France va intervenir avec une brutalité excessive en tuant des centaines de gabonais pour réinstaller Leon Mba Minko au pouvoir. Puis moins de deux ans plus tard elle va s'en débarrasser et installer Albert Bongo qui y restera jusqu'à sa mort en 2009. Ce dernier, menacé par une révolte populaire en 1990 va rester au pouvoir grâce à l'intervention armée de la France qui a fait des centaines de morts dans les bastions de l'opposition à Port-Gentil et à Libreville.

Au décès d'Omar Bongo en 2009, une élection factice est organisée pour remplacer le président de la république. Son fils putatif Bongo Ali, bien que battu par l'opposition s'empare du pouvoir avec l'aide de Sarkozy, Président français en perpétrant des crimes contre l'humanité à Port-Gentil et à Libreville. Il s'impose pendant sept ans au pouvoir et y fait assassiner par empoisonnement les deux potentiels vainqueurs de l'élection présidentielle de 2009, Pierre Mamboundou et André Mba Obame. Pendant ce septennat, des détournements massifs, des crimes rituels, des assassinats politiques, une systématisation de violations diverses des droits de l'homme, multiples viols et de dénis de libertés sont le lot quotidien des gabonais. La France des droits de l'homme n'y voit rien d'anormal, elle a un président «normal» après tout.

En 2016, Jean PING leader de l'opposition unie remporte les élections présidentielles. Une fraude massive est organisée dans le Haut-Ogooué avec un gonflement de la population de 50.000 à 250.000 habitants. Le corps électoral est, par voie de conséquence, gonflé en une nuit. Le nombre des votants est multiplié par cinq. Les abstentions sont réduits à néant. Il gagne dans sa province avec un score soviétique de 99,93% avec la complicité des institutions aux ordres, la cour constitutionnelle de la maitresse de son père putatif et le ministère de l'intérieur de son cousin. Le peuple se soulève et Ali Bongo, lui même à la téte de ses escadrons de la mort, va bombardé le siège de Jean Ping. Il y fait sur place une centaine de mort. Il poursuit sa chasse à travers Libreville et les autres provinces du Gabon. On dénombre à ce jour 300 morts et 470 portés disparus. Plus de 1800 personnes sont arrêtés arbitrairement, certains sont détenus sans procès depuis 7 mois. Quant à ceux qui sont portés disparus, des charniers sont de temps en temps découverts. Les cadavres qui étaient séquestrés dans la morgue de la cousine d'Ali Bongo, CASEPGA, ont été inhumés illégalement, sans que ces personnes soient identifiées et que la cause de leur décès soit établie. Un communiqué laconique de cette dernière, pour maquiller la vérité, affirmait que les corps auraient été abandonnés dans ses locaux et elle procédait à l'inhumation de ceux-ci dans des fausses communes.

Dans tous ça, la France qui a un contingent militaire de 500 hommes à Libreville à deux encablures des lieux des massacres et de 300 hommes à Port-Gentil avec une liberté de circuler sur tout le territoire sans restriction est curieusement restée muette. Pire, elle a pris acte du coup d'Etat, et son premier ministre de déclarer, surement après avoir reçu des mallettes, que le Gabon a un président. On a pas vu la même verve que celle avec laquelle elle s'en est prise contre Yaya Jammeh de la Gambie. Lui, pourtant n'a tué personne. Comme son père adoptif, Bongo Ondimba Ali a lui aussi repris à son compte la politique des mallettes. Il a arrosé la gauche à tout vas au point de la rendre muette, il est vrai que la bouche qui est pleine ne parle pas dit un proverbe bien connu de l'Afrique des potentats.

L'Union Européenne qui a été témoin de toutes ces atrocités et de tous ces tripatouillages à travers sa mission d'observation des élections a édité un rapport assez explicite sur les violations des droits de l'homme au Gabon et émis des doutes sur l'illégitimité du régime qui s'impose par la force dans ce pays. Mais la France ferme les yeux et refuse de reconnaitre la victoire de Jean PING, puisqu'il n'est pas l'homme de la Françafrique Hollandaise.

Finalement la Françafrique ne disparaitra que par une lutte sans merci associant toutes les composantes des peuples de France et d'Afrique. Ceux qui sont conscients que ce sont ces politiques néocoloniales qui entrainent des drames humains, de la pauvreté, des migrations qui tuent des milliers de personnes en méditerranée, des vols des matières premières, d'accaparements des terres, des espaces de pèche, des désastres environnementaux, des déforestations, du réchauffement climatique. Il faut sensibiliser l'opinion à la prise de conscience  sur ce que ces politiques entrainent comme dégâts.

Ce blog appelle tous ceux et toutes celles qui sont décidé à changer cet ordre de chose, qui veulent abolir les relations néocoloniales entre la France et l'Afrique, à maintenir et à renforcer leurs luttes.
Ce blog apportera toujours son soutien à ces luttes car la liberté de tous est son leitmotiv.

Jean Ndouanis,
Fondateur du Blog

jeudi 16 mars 2017

Nouvel opus de Thierry MEYSSAN: Sous nos yeux, du 11 septembre à Donald TRUMP

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Chers amis,
Chacun d’entre nous s’interroge sur les apparentes hésitations des États-Unis qui, depuis quinze ans, semblent se contredire d’un jour sur l’autre ; sur les raisons qui les ont poussées à dévaster le « Moyen-Orient élargi » ; sur le terrorisme islamique qui se développe depuis qu’on prétend le combattre ; etc.
Au cours des dernières années, j’ai non seulement observé les événements, mais j’ai défendu les principes du Droit international aux côtés des Vénézuéliens, des Iraniens, des Libyens et des Syriens.
Alors que le président Trump tente de mettre fin à l’impérialisme, j’ai décidé de témoigner de ce que j’ai vu sur le terrain et de ce que j’ai vécu durant les négociations internationales. Je publierai, le 22 mars, un livre d’analyse, le plus documenté jamais rédigé sur cette période. J’ai parfaitement conscience du risque que je prends en dévoilant le dessous des cartes.
Sachant que cet ouvrage met notamment en cause de nombreuses personnalités françaises, de droite et de gauche, je ne doute pas que certaines d’entre elles en demanderont le retrait immédiat des librairies. Je vous invite donc à le commander à l’avance afin d’être certain de pouvoir le lire.
Cordialement,
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Source : « Ces informations n’auraient jamais dû être publiées », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 mars 2017, www.voltairenet.org/article195621.html

Nicolas Sarkozy a neutralisé les preuves du financement de sa campagne de 2007


La presse française revient largement sur le possible financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, par Mouammar el-Kadhafi.
Cette affaire avait été rendue publique par Saif el-Islam el-Kadhafi, mais son père s’était opposé à la divulgation d’éléments supplémentaires, convaincu qu’il pouvait négocier la paix avec Nicolas Sarkozy et qu’il ne devait donc pas se fâcher définitivement avec le président français.

Cependant, dans les cinq semaines qui précédèrent la chute de Tripoli, le gouvernement libyen décida de réunir des éléments matériels relatifs à cette affaire et à plusieurs autres (la vente d’un avion par Michèle Alliot-Marie en Tunisie, les vacances de collaborateurs de François Fillon en Égypte, le détournement de 400 millions d’euros au profit de Cécilia Sarkozy lors de la libération des infirmières bulgares, et le programme d’expérimentation médicale du docteur François Sarkozy au Tchad et au Soudan).

Concernant le financement de la campagne électorale de 2007, il n’existe pas de preuve écrite reliant les versements à leur destinataire, mais principalement des enregistrements audio réalisés systématiquement lors de chaque réunion.

Selon les protagonistes interrogés par le Réseau Voltaire, le financement de la campagne de 2007 ne se limitait pas à aider Nicolas Sarkozy, mais comportait également un volet destiné à Ségolène Royal. En échange, les deux candidats s’étaient engagés à obtenir un non lieu ou à décréter une amnistie pour Abdallah Senoussi, chef des services de renseignement et beau-frère du « Guide » libyen, condamné en France par contumace dans l’affaire du DC-10 d’UTA.

Les différents éléments collectés par le gouvernement libyen ont été conservés par le très habile Bashir Saleh Bashir, chef de cabinet de Mouammar el-Kadhafi. Arrêté par les Français lors de la prise de Tripoli, il a rapidement été libéré et s’est provisoirement installé dans un grand hôtel parisien. En décembre 2011, il a quitté la France, puis a été nommé conseiller spécial du président du Niger, Mahamadou Issoufou. Il bénéficie désormais d’un statut diplomatique qui lui interdit de répondre à un juge d’instruction français.

Source : « Nicolas Sarkozy a neutralisé les preuves du financement de sa campagne de 2007 », Réseau Voltaire, 13 mars 2012, www.voltairenet.org/article173088.html

A lire absolument: Nyonda Makita : l'esprit gabonais de résistance




Questions à... Samperode Mba Allogo, créateur des «Notes d’histoire du Gabon» sur Facebook. A la suite du succès de cette histoire 2.0, il a fondé le blog "Mémoire Sauve Gabon" qui revisite l'histoire oubliée du Gabon.

Qui est Nyonda Makita ?
Nyonda Makita, de son vrai nom Mavurulu incarne, comme en son temps d’autres leaders, l’insoumission, la dignité et le droit des populations autochtones à disposer d’elles-mêmes. Des sources indiquent qu’il est né vers 1870 au sein du clan Bagambu dans la région de la Nyanga. Nyonda Makita est décrit comme un garçon turbulent, récalcitrant et conquérant. Il est tout autant présenté comme un jeune homme qui tient à son honneur et à sa liberté. Il aurait été hautement initié par son oncle Mbombè A Nyangue, un chef Tsogho installé dans la région de Mimongo et qui allait résister face aux milices et à l’administration coloniale de 1903 à 1909.

Qui sont les Punu et quelles relations entretiennent ces populations face à la conquête coloniale ?
Les Punu (lire Pounou) sont un peuple d’Afrique Centrale. Ils se sont établis dans le sud du Gabon au XVIIIème siècle au bout d’une longue marche engagée en Angola où ils avaient leur foyer connu le plus ancien. Les Punu appartiennent en fait au groupe ethnolinguistique « Bayaka » ou « Bajaga » qui est apparenté au groupe Kongo. Ce qu’il faut surtout retenir c’est que les « Bajaga » ou « Bayaka » sont un peuple vaillant et combattant. « Bajaga » signifierait d’ailleurs « Vaillant » quand Punu signifierait lui « Bagarreur ». Mais l’idée fondatrice de ces noms (Bayaka/Bajaga ou Punu) est qu’il s’agit d’un peuple qui a toujours su résister.
Quand Nyonda Makita sonne la révolte de son peuple en 1906-1907, il engage la longue marche du peuple Punu contre la conquête coloniale.

Pourquoi l’insurrection de 1907-1912 ?
L’insurrection de Nyonda Makita n’est pas un fait isolé dans l’histoire de la colonisation française au Gabon. Elle a lieu dans un contexte de mécontentement général des populations autochtones. Au moment où Nyonda Makita se révolte, Mbombè est déjà en guerre depuis quatre ans dans les forêts de Mimongo et plus loin, en « Pays » fang, dans la zone de Ndjolé jusqu’à Oyem, il y a la résistance appelée « Mouvement des Binzima » (soldats, en fang) qui mobilise entre 1907 et 1910 plus de cent mille hommes.

Entre 1895 et 1910, quatre mouvements de résistance ont lieu. Cela suppose deux choses : il y a une intensification des expéditions françaises contre les peuples et il y a une prise de conscience collective des peuples outragés. Les explorateurs, miliciens et chefs de postes pratiquent les enlèvements, les supplices à la chicotte, les viols, les confiscations des forêts sacrées ou communautaires, l’impôt de capitation, les travaux forcés, l’interdiction de circuler, l’interdiction de pratiquer certains rites ancestraux et même les assassinats.

L’insurrection est déclenchée pour deux raisons : d’abord le gouverneur Emile Gentil arrivé en 1905 qui décide d’appliquer la politique de la taxe coloniale ce qui suggère de trouver et soumettre de nouveaux territoires habités afin d’augmenter les retombées de cette taxe. Ensuite, les gardes coloniaux sénégalais qui entreprennent dès 1905 de torturer les paysans, de violer les femmes et de chicoter les hommes. Autant d’éléments qui finissent par exaspérer le leader punu qui lance dès 1907 les premières expéditions punitives à Moabi en réponse aux tentatives de conquête du Capitaine Conrad. Ce dernier fait les comptes : trop de morts de son côté et aucun village assujetti après trois attaques et plusieurs mois de combat. Malgré ses 200 hommes armés et entraînés, Conrad réalise qu’il n’est pas l’égal de Nyonda Makita. Kuméramba, Mourindi et Mokab, les trois QG de la rébellion restent inviolés.

En 1909, les rangs de la milice coloniale sont renforcés. Au mois de juillet, plus de 300 hommes vont à l’assaut de Mokab sous les ordres du capitaine Collona mais en repartent bredouille. En novembre, le capitaine Le Meillour est réquisitionné pour faire reculer Nyonda Makita qui prend du terrain. Mais à onze reprises, ce stratège est mis en échec par Nyonda Makita et ses lieutenants dont les plus célèbres sont : Mueli Mukagny, Manduku-ma-Mukagny, Ntsiengui Mfudu, Nza Mbadinga, Kassa Maviri. Ils ont en moyenne 35 ans. Ils sont tous initiés au Bwiti et aguerris aux techniques de guerre traditionnelle. Ils deviennent les cibles de l’administration coloniale. Un à un, ils sont arrêtés et leurs familles séquestrées. Les officiers français menacent de les faire exécuter. Ce n’est pas une simple menace. Toutes les fois où les troupes françaises ont eu du mal à maîtriser un leader de mouvement de résistance, ils ont toujours pris et quelques fois tué leurs proches.

En 1911, Nyonda Makita poursuit la lutte seul. Il se réfugie à Lebamba. Pour éviter que les siens soient exécutés, il se rend au chef de poste de Ndendé où il est jeté en prison. Il y meurt quelques semaines après. La nouvelle crée des remous. Quelques mouvements sporadiques ont lieu. Mais en 1912, la révolte est définitivement matée.

Cette belle épopée de Nyonda Makita a été racontée par l’écrivain et Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire, Jean Divassa Nyama, dans une trilogie romanesque intitulée : « l’amère saveur de la liberté ».


Voir le site de Samperode :
https://memoiresauveblog.wordpress.com/

HRC 34 - EU Intervention: Item 2 - Interactive Dialogue with High Commissioner for Human Rights


En publiant la déclaration de la délégation permanente de l'UE auprès du Haut Commissariat des droits de l'homme des nations unies à Genève , ce blog réaffirme sa détermination à faire en sorte que des éléments de preuve concernant les crimes commis par le régime militaro fasciste d'Ali Bongo Ondimba soient dûment recueillis afin que les personnes qui ont ordonné ou commis des atrocités puissent rendre des comptes. Nous invitons une fois de plus tous ceux qui possèdent des preuves, sous tous supports, photos, vidéos, audio, témoignages à prendre contact, avec Jean Ndouanis, email: jean.ndouanis@gmail.com, aux fins de la transmission de celles-ci.
JN









HRC 34 - EU Intervention: Item 2 - Interactive Dialogue with High Commissioner for Human Rights
Geneva, 09/03/2017 - 17:42 - UNIQUE ID: 170309_11
Statements on behalf of the EU
34th Session of the Human Rights Council
Geneva, 27 February – 24 March 2017
EU Intervention: Item 2 - Interactive Dialogue with High Commissioner for Human Rights








Dear High Commissioner,



The European Union would like to thank you for your annual report to the Human Rights Council.  We reiterate our full support to the OHCHR, pay tribute to the work to it carries out, and appreciate your speaking out on human rights situations everywhere in the world.



We continue to support and defend the independence and integrity of the mandate of the High Commissioner, advancing the realisation of human rights for all. We remain gravely concerned about critical human rights situations, appreciate the work of the OHCHR in the field, and reiterate our call on all States to engage positively with your Office, including by proactively seeking assistance to address human rights challenges, and by granting your Office unconditional access to their territory when a relevant request is made.



The EU remains firmly committed to the respect and protection of the human rights of migrants in all countries of origin, transit or destination. We stand firmly behind the New York Declaration on Refugees and Migrants and, acknowledging the multiple aspects of migration that it covers, we will work actively to ensure that human rights are at the centre of the follow-up of the New York Declaration on Refugees and Migrants in addressing large and/or mixed movements of migrants. We look forward to participating in the first preparatory thematic session to be held in Geneva in May.



We thank you for your attention on Ukraine, including  the reporting about the ongoing human rights violations in the illegally annexed Crimean peninsula, and fully support the work of and call for the UN Human Rights Monitoring Mission's unrestricted access to Crimea. We call for the full implementation of the UNGA resolution on the human rights situation in the autonomous Republic of Crimea and the city of Sevastopol.



We reiterate our deep concern at the devastating human rights situation and the humanitarian consequences of the crisis in Yemen, and underscore the need to resolve the conflict rapidly to avert further deaths and suffering. In this context, the EU believes that granting humanitarian access to populations in need is of paramount importance. The EU recognises the challenges that Bahrain faces as well as the progress made with the establishment of a number of institutions designed to enhance the protection of human rights in the country. The EU encourages the Government of Bahrain to aim for stability through further reforms and inclusive reconciliation in an environment where peaceful political grievances can be expressed freely, and where violence has no place. The human rights situation has deteriorated on many fronts over the past year, in particular cases of revocation of nationality, increased restrictions on civil society and the dissolution of Al Wefaq. The EU calls upon all parties to engage in an inclusive dialogue and condemns the use of violence as a political instrument.  We greatly regret the authorities’ recent decision to resume executions, urging Bahrain once again to establish an official moratorium on the death penalty.



We welcome your report on Sri Lanka on which we will comment in detail later this session. The EU remains committed to the full and timely implementation of UNHRC resolution 30/1 to promote human rights, reconciliation and accountability in Sri Lanka. We also welcome the renewal of the MoU for the OHCHR field office in Cambodia, where we remain concerned about developments including recent amendments to the Law on Political Parties, and the extended pre-trial detention of members of an NGO. Turning to the Maldives, the EU very is concerned at moves to restrict freedom of expression and association, as well as to end the moratorium on the death penalty. The use of the judicial system to target political opponents is a serious threat to the prospect of credible and inclusive elections in 2018.  It is essential that the current restrictions on freedom of expression and assembly are lifted in Thailand to allow for an open, inclusive and accountable political process towards genuine democratic transition. We remain concerned about extrajudicial killings, enforced disappearances and the continued use of the death penalty in Bangladesh. We welcome the progress made by the country under the Sustainability Compact on elements of work safety, but it is vital that further advances are made on freedom of association, that restrictions on freedom of expression are lifted, and that more space is created for civil society.



 



Allegations of serious human rights violations in Gabon following last year's Presidential elections, including extrajudicial killings, enforced disappearances, torture and arbitrary arrests raise serious concerns. No serious inquiry has been carried out to establish the truth and ensure that those responsible are brought to justice, despite calls by the African Commission on Human and Peoples' Rights and the preliminary examination at the ICC. The EU supports the foreseen OHCHR evaluation mission on these allegations. Accountability is indeed essential to reconcile the Gabonese people and to contribute to a National Dialogue process. The EU deplores the emergence of outbreaks of violence in all three Kasai provinces and in Kongo Central, which illustrates the potential for further deterioration of the situation which the Democratic Republic of Congo is facing. The EU is concerned at recent reports of serious violations of human rights and humanitarian law committed by local militias in the Kasai region, including the recruitment and unlawful use of child soldiers and the killing of civilians by members of the DRC security forces, which could constitute war crimes under international law. The EU supports the UN Security Council's call, issued on 25 February 2017, for the government of the DRC to immediately launch a credible and impartial investigation into these events in order to bring those responsible to justice, and would also like an independent international investigative team to be invited to support the process.



High Commissioner,



In conclusion, let me thank you again for your leadership and valuable contribution to the protection and promotion of human rights.

mercredi 8 mars 2017

Note en vue de la discussion au Conseil sur le Gabon

Mars 2017 
1)   Agir sans attendre
Dialogue et réformes ne résoudront pas la crise
Ali Bongo poursuit sa stratégie dilatoire et son dialogue, même s’il a lieu, ne servira à rien. En effet, il n’y a pas que des insuffisances institutionnelles qui minent la République gabonaise, c’est une question d’hommes et de femmes : aucune réforme, aussi utile soit-elle, ne fera vraiment changer le système.
Elections législatives impossibles
Cela reviendrait à légitimer le pouvoir en place, ce que refusent les Gabonais (cf les conclusions du Dialogue national pour l’alternance du 23 décembre 2016). De plus si les législatives doivent avoir lieu le 29 juillet au plus tard, quelle sera la situation du pays à ce moment là ?
Le pays désormais ingouvernable
La défiance du peuple, déterminé à faire triompher sa souveraineté, a rendu le pays ingouvernable. Le chaos va grandir et s’installer durablement si rien n’est fait dans l’urgence pour faire entendre raison à Ali Bongo, afin qu’il cesse de se maintenir militairement au pouvoir et qu’il accepte de partir pacifiquement en exil.
Le pays pourrait basculer dans la violence
Il est très important d’éviter le recours à la violence ; cependant, plus le temps passe, plus la violence devient possible. Le coup d’Etat représente un risque réel. Il pourrait prendre la forme d’une révolution de Palais : la Garde républicaine pourrait considérer que son bras politique court à sa perte. Il pourrait être aussi le fait de l’armée régulière, dont les conditions de vie, misérables, se rapprochent de celles du peuple. 
2)   Poursuivre un objectif commun 
Une question de crédibilité de l’Union Européenne
La stratégie de résistance non violente sur les fronts économiques et sociaux a montré la détermination du peuple gabonais dans sa quête de droits, de démocratie et de bonne gouvernance. Dans cette épreuve, les Gabonais recherchent aujourd’hui encore le soutien de la Communauté internationale (UE, ONU, UA, etc.). Au sein de cette communauté internationale, l’UE à un devoir supérieur d’engagement car elle a envoyé une mission d’observation qui a très bien fait son travail et qui a déclenché un processus au bout duquel elle doit aller ; il en va de sa crédibilité et de son poids diplomatique dans en Afrique et dans le monde entier.
La transition démocratique pour une stabilité de long terme
La stabilité ne reviendra pas tant que le Gouvernement actuel restera en place. Le terrorisme d’Etat, par la violence et la misère qu’il diffuse, prépare la réelle insécurité. L’illégitimité des gouvernants et l’usage de la violence, qui s’exerce à des niveaux jamais vus au Gabon, font qu’aujourd’hui le pouvoir politique n’a plus la capacité de négocier avec le corps social. La répression des mouvements sociaux ne cesse de s’amplifier. Sociologiquement, les élites ont également basculé dans l’opposition en 2016. La seule médiation possible consiste à envisager l’évacuation du chef de l’Etat. À cet effet, la coalition demande une médiation internationale grâce à une démarche de l’UE ou de un ou de plusieurs de ses Etats membres auprès du Conseil de sécurité des Nations unies.
3)   Examiner les sanctions les plus justes et utiles
Les mesures individuelles restrictives
Ces restrictions portent sur l’accès aux visas Schengen et aux avoirs dans les banques européennes. Elles s’adressent aux les 20 à 30 personnes du régime responsables d’atteinte à la démocratie et aux droits de l’Homme, identifiables via l’enquête menée par la CPI et par la mission d’évaluation qui devrait être dépêchée prochainement par l’ONUCA. Jean Ping, dans sa note d’orientation du 7 octobre 2016, indiquait déjà les noms de dix personnalités, à commencer par Ali Bongo Ondimba et Marie Madeleine Mborantsouo, qui ont beaucoup d’avoirs en Europe et qui voyagent en permanence.
Au niveau des programmes de coopération
Les sanctions européennes peuvent également engager la clôture ou la non-ouverture de programmes de coopération européens et bilatéraux, à l’exception naturellement des programmes d’aide sociale ou humanitaire bénéficiant de façon directe et avérée (par un contrôle) à la population.
Dans les autres institutions auxquelles participent l’UE et les Etats membres
Dans un esprit d’efficacité et de cohérence, l’UE et les Etats membres devraient aussi cesser leur participation au financement des instances politiques dont le Gabon est membre (CEMAC, UA, BAD…), ainsi qu’aux programmes de coopération gérés par la Banque mondiale et le FMI qui concernent le Gabon.

Marine SALMON

mardi 7 mars 2017

Gabon: Lettre ouverte à tous les combattants de la liberté

Lu pour vous

Gabon: Lettre ouverte à tous les combattants de la liberté

Chers compatriotes, notre pays traverse une crise politique sans précédent. Les Institutions ont foulé au pied la République. Le juge a renié la Loi; et la justice a piétiné le Droit. Le Président a violé son serment; et les forces de l'ordre ont commis des crimes et les militaires ont trahis le peuple.
      
Entendons-nous bien, le sens de notre contrat social est fort simple: le peuple est dépositaire de la souveraineté. Il l'exerce en la déléguant à des individus qui, eux-mêmes, l'exercent par le truchement des Institutions. Le peuple est donc le mandant, et les Institutions, les mandataires. Or, ces Institutions ont dénié au peuple sa souveraineté. Elles se trouvent dès lors sans mandat, et par conséquent, sans aucune légitimité.
         
Mes chers compatriotes, ce qui se joue aujourd'hui va au-delà de Monsieur Jean Ping ou d'Ali Bongo. Ce qui se joue transcende l'antagonisme opposition/majorité. Ce qui se joue, c'est le type de société au travers de laquelle nous, et nos enfants allons nous réaliser. Aujourd'hui, notre société est gouvernée par la peur, les intimidations, la confiscation des institutions, les arrestations arbitraires, la censure, le déni de droit, et la privation des libertés fondamentales. Nous sommes aujourd'hui à un carrefour à l'occasion duquel nous devons nous déterminer: Est-ce cet ensemble de valeurs que nous choisissons pour nous et nos enfants? Nous disons NON!!!
           
Aussi, saisissant la peur qui habite chacun, suite aux meurtres perpétrés par les forces de l'ordre, et par suite des nombreuses arrestations, je dis qu'il faut résister. Je vous en conjure, nous devons résister. Si nous lâchons prise, l'obscurantisme triomphera. Et ce pourra être le cas pour longtemps. Ne laissons pas le Gabon sombrer dans des décennies d'obscurantisme. Résistons!
          
Je lance un appel solennel à tous les ministres dissidents qui craignent pour leur sécurité. Je vous dis: au nom de nos fils tombés sous les balles du despote: Retirez-vous! Monsieur Moundounga l'a fait. Vous le pouvez! Il y a des causes dignes pour prendre des risques. Celle-ci en est une! Je lance un appel solennel à tous les juges dissidents de la cour constitutionnelle. Je sais qu'il y en a; je vous dis: par un ultime sursaut de responsabilité et d'honneur, parlez! Désolidarisez-vous! Aux pédégistes qui sont parfaitement conscients de la forfaiture: Parlez! Désolidarisez-vous! À tous les gabonais, je dis qu'il n'y a plus rien à sauver de cette société sclérosée. Je lance un appel solennel à la résistance et à la paralysie totale du pays. Soyons dignes de nos morts. Reprendre nos activités comme si de rien n'était, c'est donner un message dangereux. c'est cautionner cette imposture infâme et honteuse. Qu'on s'entende bien. Je n'appelle pas à la violence, mais à la résistance. Plus aucun de nos fils ne doit tomber.

L'Histoire de notre pays nous appelle à une responsabilité sans pareille. Gabon, lève-toi, et sois ingouvernable! Mais ne t'arrête pas là. Renverse cet ordre inique et injuste, et instaure un ordre nouveau. Plus juste et plus équitable; plus respectueux de la démocratie et des droits fondamentaux.

Que Dieu bénisse le Gabon!!!

Un combattant de la liberté

LA DISPARITION DU du Lt. COLONEL DJOUE DABANY (suite et pas fin)

Lu pour vous

"Le fiasco dans la recherche de l'helicoptere.
Bien que la position du dernier appel soit le 110 de Ndjolé pour 40 nautiques, l'essentiel des recherches s'est déroulé dans la forêt des abeilles. Dès lors, la thèse de la disparition est hypothétique.
La croix sur la carte désigne la position donnée par le Puma.
Les recherches s’arrêtent brutalement à l’approche des fêtes de la rénovation du 12 mars. Officiellement, la thèse de la panne moteur et de l’accident sont privilégiées, tant par Libreville que par Paris. Pourtant on déploie près de 3000 militaires gabonais et français sur un secteur loin de la zone de crash supposée, et des moyens aériens militaires importants sont envoyés par la France, le Maroc et les Etats-Unis.
Il faut attendre plusieurs semaines avant que la région au sud de Ndjolé ne soit fouillée, en vain. Le veritable lieu de "l'accident" est le dernier à subir des recherches. Nulle trace de débris ou d’incendie. Aucune trace de l’équipage. Certes, il est quasiment impossible de survivre à un crash en forêt équatoriale. Mais trop d’inexactitudes et le silence des médias gabonais dans un premier temps font enfler les rumeurs.
Il faut attendre le 22 février pour que le journal ‘L’Union’ évoque un atterrissage forcé au sud de Booué…Puis le 24 février, le quotidien évoque des recherches au sud d’Ayem. Mais à aucun moment le  nom de Jean-Marie Djoué Dabany n’est cité.
Le 8 mars 1978 le PR Bongo déclare (l’Union)  « la disparition de l’hélicoptère ne doit pas perturber les fêtes de la rénovation ». L’Union : Le président Bongo s’est-il élevé contre les mauvaises langues qui établissent un rapport entre la disparition du Lt-Col Ndoutoume et celle de de l’hélicoptère militaire, considérant la seconde comme une conséquence de la première…
Le nom de Djoué Dabany n’est toujours pas évoqué, on parle du Commandant AISSA, disparu quelques mois avant!
Bongo évoque aussi l’accident du Commandant de Police Pépé ODOUGA, victime d’un grave accident de voiture sur la route d’Owendo. ODOUGA avait été laissé pour mort et c’est l’intervention du Col. DJOUE DABANY (également son beau-frère !) qui lui sauva la vie.
Djoue Dabany avait fait don de son sang et était intervenu pour que ODOUGA soit évacué vers la France pour y être soigné .Paraplégique, OGOUDA a fini général, il est désormais écrivain et milite pour l’amélioration de vie des handicapés au Gabon.
Pour comprendre les allégations de Bongo, il faut savoir que le Lt Col. Fabien Ndoutoume, adjoint du Lt Col. Djoué Dabany, est décédé, empoisonné, le 12 février 1978. La rumeur désigne Djoué Dabany comme ‘assassin’ de son adjoint sur fond de rivalités tribales.
La réalité est sans doute toute autre, car outre Ndoutoume, Djoué Dabany et Oudouga, un autre officier supérieur est victime de cette véritable hémorragie de l’Etat-major des FAG, le médecin colonel Albert LOEMBE, également empoisonné le 7 février 1978. Loembe décédera en avril 1978 à l’hôpital militaire Bégin de Paris.
Les accidents, assassinats ou disparitions de ces officiers supérieurs, en pleine forces de l’âge, dans le même mois,  ne sauraient être imputés au hasard."
A suivre….

VOX POPULI VOX DEI

Le respect de la volonté populaire doit demeurer le seul combat qui vaille la peine que nous donnions nos vies ! le cheval de bataille de tous.
Vous ne pouvez pas avoir des institutions qui à leur préambule parle au nom du peuple et par les faits baillonnent ce qu' elles sont sensées représentées
Vous ne pouvez pas avec un corps armée qui jure de défendre le citoyen de défendre la nation de défendre les institutions souverraines et être à la fois au service d un clan d une famille ou d un système au détriment bien entendu du peuple dont ils doivent être les gardiens
Vous ne pouvez pas avoir une justice qui dit rendre ses verdicts au nom du peuple mais qui sert les intérêts d un clan en se positionnant clairement comme " chasseur de prime "
Comment voulez vous avoir des investisseurs sérieux ( je ne mentionne pas des aventuriers  bandits patentés  comme bollore ou olam )quand ils savent que certains individus s arrogent le droit de passer à la télé en pointant du doigt certains compatriotes en s en suit une chasse à l homme de la part d un procureur qui fait honte à sa profession ?
Comment voulez vous qu' un clan décide que certaines régies financières sont leur chasse gardée et quiconque veut déloger la mauvaise graine est tout de suite mis aux arrêts ?
Comment arrêtez les crimes rituels les viols les assassinats si la justice admet son impuissance face à une catégorie de criminels nommément reconnus et identifiés mais comme étant du premier cercle de l amputé ils adoptent une attitude arrogante et méprisante vis à vis du peuple dont ils pensent être au dessus
Mille exemples de ce que nous subissons quotidiennement qui ne sont que des symtomes d un cancer nommé  alain qui est le veritable mal du pays et tout cela juste en la confiscation du droit élémentaire à tout peuple de pouvoir choisir sa destinée par le biais de l urne
Les autres combats sont certes importants le retrait de l armée française le franc CFA le panafricanisme le retour a la moralisation de la societe et de l apprenrissage de notre trésor  parrimonial etc... Mais cela restera des combats après avoir prealablement résolu le probleme de la confiscation du pouvoir par une famille un clan en se servant des institutions comme la justice et l armée comme bras armée d une mafia
Le président élu par le peuple Mr Jean Ping que nous l aimions ou pas qu' il ait fait parti du système ou pas qu' il finance sa galaxie ou pas qu' il envoi des westerns à paris ou ailleurs ou pas que ses enfants ne participent pas aux manifestations ou pas c est pas le souci
C est lui qui a été incontestablement  choisit par le peuple et nous avons tous le devoir de se battre pour que ce choix soit respecté c est l acte sine qua non pour le développement de notre si beau pays

dimanche 26 février 2017

La disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany, TR-KCF ne répond plus..

Le texte documenté ci-dessous m'a été envoyé par un combattant de la liberté qui a préféré requérir l'anonymat. Il recherche la vérité sur la série des assassinats de 1978 à 1980 sous le regime d'Omar Bongo. La disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany est à ce jour un mystère non élucidé. L'hélicoptère PUMA TR-KCF disparu avec ses passagers sans laisser de traces est une énigme qui est à classer dans les coups  les plus tordus de la France et son dictateur Omar Bongo en Afrique. La lutte entre deux éminences grises de la françafrique, Foccart et Journiac, c'est deteint sur une lutte interne au sein de la famille Dabany, puis de Bongo. Je vous convie à cette lecture digne d'un roman d'espionnage.

«La disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany, TR-KCF ne répond plus.. 
L’histoire de l’aviation gabonaise est intrinsèquement liée à celle du pays. Lorsque le Puma TR-KCF disparait le 20 février 1978, c’est non seulement un drame humain et aéronautique, mais aussi sans doute,  la fin des illusions.

Les faits:

A bord de l’hélicoptère se trouvent les six membres de l’équipe sportive militaire parachutiste gabonaise, dont le Lt.Colonel Jean-Marie  Djoué Dabany, beau-frère du Président Bongo, le SLT Christophe OBEYE, neveu du Président, le capitaine Angoizambie et les sous-officiers Ntoungou Ngui, Somand et Moukala ;
Les paras ont pour instructeur un contractuel français, l’Aspirant Henri  Deba, champion du monde de parachutisme militaire 1975.
Outre Deba, trois français complètent l’équipage, Le Major Pierre Sudre, commandant de bord, l’ADC Pierre Amat, pilote, et l’ADC Paul Français, mécanicien navigant, tous trois coopérants.
Le 20 février 1978, le groupe de parachutistes doit se rendre à Franceville dans le cadre d’un entrainement aux championnats du monde militaires devant se dérouler l’été suivant. Initialement l’équipe devait embarquer dans un Nord 262 et non dans le Puma.
Compte tenu des conditions météo et de la distance, l’hélicoptère ne doit pas prendre de passagers. Il doit emporter du fret, notamment une caisse de devises correspondant aux salaires des fonctionnaires du Haut-Ogooué.  Le transport des salaires des fonctionnaires dans les provinces par l’armée de l’air était une mission courante.
Sur le tarmac de la base, le Major Sudre discute avec le pilote du Nord 262 en attendant le décollage pour Mvengue lorsque l’officier des opérations ordonne le déchargement du Puma au profit du Nord. Le fret est débarqué, à l’exception de la malle remplie d’argent. Ordre est donné d’aller chercher les paras au camp Aïssa, à un saut de puce de la base.
Au camp Aïssa, le Lt Colonel Djoué Dabany a de son côté reçu une injonction qui lui déplait. Son départ pour Franceville est anticipé de quelques heures, pour semble -t’il, remettre des médailles à des militaires sur place. Il refuse d’obtempérer après un premier appel téléphonique. Mais une seconde conversation se termine par un ‘A vos ordres, mes respects’.
L’appel vient de très haut, sans doute la présidence.  Le chef d’Etat-major des forces terrestres et navales prend sa douche et enfile sa combinaison. Il glisse un révolver dans sa botte de saut et rejoint ses hommes pour attendre le Puma. 
L’appareil décolle du camp Aîssa entre 11h13 et 11h15. A 12h30, un message est capté par un YS11 militaire et par un appareil civil : ‘Le Puma se crashe, panne moteur, dans le 110 de Ndjolé pour 40 nautiques’.  Le message est retransmis à la tour de contrôle de Libreville où il est enregistré sur la bande à 12h37 locale. Aucun autre appel ne sera émis.
Vers 14h, une Alouette3 est dépêchée sur les lieux mais se voit contrainte de faire demi-tour à cause d’un orage. Dans un premier temps, des recherches sont entreprises dans la zone indiquée par le pilote du Puma. Puis, pour des raisons inexpliquées, c’est dans la forêt des abeilles, distante de 200km, qu’elles se poursuivent les semaines suivantes. 
L’assassinat du poète par des mercenaires français
ne semble pas du goût de Jean-Marie Djoué Dabany
Les recherches s’arrêtent brutalement à l’approche des fêtes de la rénovation du 12 mars. Officiellement, la thèse de la panne moteur et de l’accident sont privilégiées, tant par Libreville que par Paris. Pourtant on déploie près de 3000 militaires gabonais et français sur un secteur loin de la zone de crash supposée, et des moyens aériens militaires importants sont envoyés par la France, le Maroc et les Etats-Unis. Il faut attendre plusieurs semaines avant que la région au sud de Ndjolé soit fouillée, en vain. Nulle trace de débris ou d’incendie. Aucune trace de l’équipage. Certes, il est quasiment impossible de survivre à un crash en forêt équatoriale. Mais trop d’inexactitudes et le silence des médias gabonais dans un premier temps font enfler les rumeurs.
Il faut attendre le 22 février pour que le journal ‘L’Union’ évoque un atterrissage forcé au sud de Booé…Puis le 24 février, le quotidien évoque des recherches au sud d’Ayem. Mais à aucun moment le nom de Jean-Marie Djoué Dabany n’est cité.   
Le 8 mars 1978 le Pdt Bongo déclare (l’Union)  « la disparition de l’hélicoptère ne doit pas perturber les fêtes de la rénovation ». L’Union : Le président Bongo s’est-il élevé contre les mauvaises langues qui établissent un rapport entre la disparition du Lt-Col Ndoutoume et celle de de l’hélicoptère militaire, considérant la seconde comme une conséquence de la première… Le nom de Djoué Dabany n’est toujours pas évoqué, on parle du Commandant AISSA, disparu quelques mois avant! Bongo évoque aussi l’accident du Commandant de Police Pépé ODOUGA, victime d’un grave accident de voiture sur la route d’Owendo. ODOUGA avait été laissé pour mort et c’est l’intervention du Col. DJOUE DABANY (également son beau-frère !) qui lui sauva la vie. Djoue Dabany avait fait don de son sang et était intervenu pour que ODOUGA soit évacué vers la France pour y être soigné .Paraplégique, OGOUDA a fini général, il est désormais écrivain et milite pour l’amélioration de vie des handicapés au Gabon
Pour comprendre les allégations de Bongo, il faut savoir que le Lt Col. Fabien Ndoutoume, adjoint du Lt Col. Djoué Dabany, est décédé, empoisonné, le 12 février 1978. La rumeur désigne Djoué Dabany comme ‘assassin’ de son adjoint sur fond de rivalités tribales.
La réalité est sans doute toute autre, car outre Ndoutoumet, Djoué Dabany et Oudouga, un autre officier supérieur est victime de cette véritable hémorragie de l’Etat-major des FAG, le médecin colonel Albert LOEMBE, également empoisonné le 7 février 1978. Loembe décédera en avril 1978 à l’hôpital militaire Bégin de Paris.

Les accidents, assassinats ou disparitions de ces officiers supérieurs, en pleine forces de l’âge, dans le même mois,  ne sauraient être imputés au hasard.
Le contexte:
En février 1978, la situation est tendue, tant à l’intérieur du pays qu’à ses frontières.
Le Gabon est un enjeu stratégique pour la France en ces temps de guerre froide et le pays est un verrou au milieu d’états qui se sont rapprochés du bloc soviétique. Guinée Equatoriale, Congo, Angola au Sud sont marxistes et depuis quelques mois, l’archipel de Sao Tomé et Principe  s’intéresse au socialisme sous les yeux bienveillants de Luanda.  
Dans ses conditions, les aspirations démocratiques des gabonais ne sont pas la préoccupation principale de Paris qui au-delà de son implantation militaire profite largement des ressources naturelles du pays dont la santé économique est par ailleurs au beau fixe. Transgabonais, Air Gabon, Pétrole, minerais et bois précieux sont la fierté, à juste titre, des gabonais. Mais des voix s’élèvent pour que le peuple ait son dû. A l’Université Omar Bongo, les étudiants se mettent en grève fin janvier. Le doyen de l’université, le Pr . AMBOUROUE AVARO, est écarté, accusé de complaisance avec ses étudiants.

Le 2 février, les forces de l’ordre et l’armée investissent l’université et les étudiants sont incorporés d’office. Les moins malchanceux auront droit à une marche du Cap Estérias jusqu’à Libreville, avec un sac de 30kg sur le dos et les brimades des paras. Ceux sous l’uniforme de la police, commandée par Jean Boniface ASSELE gouteront de la chique. Le professeur AMBOUROUE AVARO trouvera la mort dans l’accident d’un avion de l’aéroclub de Libreville en novembre 1978.
JB ASSELE, l ’ainé des Dabany a d’ailleurs été nommé au  poste de général en chef de la police ainsi qu’à celui de ministre de la jeunesse et des sports le jour de l’assassinat de NDOUA DEPENAUD en juillet 1977. L’assassinat du poète par des mercenaires français ne semble pas du goût de Jean-Marie Djoué Dabany. D’autre part les relations personnelles entre le chef d’Etat-Major et le Président se sont passablement dégradées et Bongo craint Dabany. Assele fait rédiger un rapport accusant son propre cadet de fomenter un coup d’Etat.
L’hypothèse d’une tentative de coup d’état déjouée par les services gabonais et français n’a rien de saugrenu. Plus tordu mais plausible, un conflit d’intérêts entre les anciens de Foccart, écarté par Giscard D’Estaing et le Président Français, n’est pas à exclure pour autant. Les carnets de vol de Pierre Sudre, qui a effectué un séjour au camp de Gaulle en juillet 1977 attestent de la présence de Foccart à Libreville et de son transport dans une Alouette 3 française  pilotée par le commandant de bord du Puma disparu quelques mois plus tard. Or Foccart n’était officiellement plus aux affaires depuis 1974. Que nous révèlent les 7 posés d’assauts à la Pointe- Denis indiqués lors de ce vol avec le pape de la Françafrique ?
Le successeur de Foccart, René Journiac trouvera lui la mort en février 1980 à bord du Grumman G2 présidentiel gabonais (Tr-KHB), piloté par un autre parent du Pdt Bongo, le Col. Layigui!    
Quoi qu’il en soit, en février 1978, le Gabon perd trois de ses fils,  officiers supérieurs, un commandant de police est entre la vie et la mort et le doyen de l’Université est limogé avant de trouver la mort en novembre aux commandes de son avion de tourisme.    
Les hypothèses:
Mais qu’est-il arrivé au Puma Tr-KCF et à son équipage ?
Une panne moteur est très peu probable. L’hélicoptère sortait de révision et un vol de contrôle avait été effectué le matin même.
Un sabotage est également improbable, pour la simple est bonne raison que les contrôles ont été effectués par l’équipage lui-même.
Ces éléments sont consignés dans le rapport de gendarmerie rédigé après enquête.
Le crash du Puma reste hypothétique, par exemple pour des raisons météorologiques. Mais cette option est mise à mal par le soin apporté à organiser des recherches loin du lieu indiqué par le dernier contact.
L’hypothèse d’un détournement du TR-KCF est donc la piste privilégiée par les personnes qui se sont repenchées sur le dossier depuis quelques années.
Détournement à l’initiative du Lt Colonel dans le but de s’échapper après la mort de ses frères d’armes ?
Détournement en vue d’exécuter le chef d’Etat-major et  ses compagnons d’infortune ?
A 350 km des côtes gabonaises, à Sao Tomé , il semble que les mouvements d’hélicoptères n’échappent pas au Président Da COSTA…
Sao Tome, la baie des cochons franco-gabonaise ?
En février 1978 relations entre le Gabon et Le petit état de Sao Tomé et Principe sont complexes. Bongo a aidé Da Costa à faire accéder le pays  à l’indépendance  et lui a même offert un ancien C47 de l’armée de l’air, mais  l’archipel lusophone se tourne de plus en plus vers le socialisme sous l’influence de l’Angola. En juillet 77, Da Costa boude le sommet de l’OUA à  Libreville où il envoie son premier ministre Miguel Trovoada. Bongo n’apprécie pas du tout ce qu’il considère comme un affront personnel de celui qu’il a largement aidé à prendre le pouvoir. D’autant que la perspective de se voir encerclé par des pays marxistes sur toutes ses frontières hormis celle avec le Cameroun n’enchante ni Libreville, ni Paris….
Hasard ( ?) du calendrier, des accords diplomatiques sont  signés le 19 février 1978 entre Sao Tome et Luanda. Le même jour, un porte-hélicoptère américain quitte Libreville où il était en escale de courtoisie depuis quelques jours et se dirige vers Abidjan en coupant à travers les îles de Sao Tomé et  Principe. Des hélicoptères de l’US Navy en profitent probablement pour survoler l’archipel et signifier aux alliés de Moscou que l’Oncle Sam veille au grain…Première alerte… L’Inchon s’éloigne mais le 20 février au soir da Costa se plaint à l’ONU que son espace aérien a été violé par un hélicoptère en provenance du Gabon, avec des mercenaires à son bord venus pour le renverser ! 
Début mars, 1000 soldats angolais sont déployés à Sao Tomé, avec des conseillers cubains et est-allemands et deux radars mobiles soviétiques de détection aérienne. Bongo qualifiera plus tard Sao Tomé de ‘Porte-avions les canons tournés vers Libreville’ . Le torchon brule, les diplomates s’activent.
-              16 mars 1978 visite à Luanda du secrétaire d’état gabonais aux affaires étrangères, pour évoquer ‘quelques différents’. Visite à Libreville envisagée du Pdt Angolais Neto.
-              31 mars, audience présidentielle d’une délégation de Sao Tomé. L’Union « Le diplomate de Sao Tomé a indiqué à sa sortie d’audience que son entretien avec le Président avait porté principalement sur la situation actuelle de son pays à la suite de tentatives d’agression dont ce dernier aurait été l’objet il y’a quelques semaines »   
Il faut attendre le 7 avril 1978 pour que l’Union fasse un article de fond sur la disparition du Puma et liste enfin les disparus. Dans la même édition, le journal gouvernemental publie le premier de trois articles très virulents à l’encontre de Da Costa. 
«  Sao Tomé et Principe, autopsie d’un complot ». Charge contre Da Costa qui passe pour un parano après que le porte-avions US soit passé entre les deux iles. Accusations de complot depuis Cabinda et Libreville où l’ancien ministre de la santé est réfugié.
-              7, 8 et 10 avril, série d’articles virulents dans l’Union contre Sao Tomé : ‘Autopsie d’un complot’, ‘le syndrome de la baie des cochons’, ‘le rapprochement angolo cubain’.
Pourtant, dès le 11 avril, l’Union change de ton alors que deux diplomates gabonais se rendent sur l’archipel : « Cette visite d’une journée témoigne du réchauffement des relations entre les deux pays et d’une relance de la coopération intergouvernementale… »
-              12 avril 1978, L’Union : ‘Coopération Sao Tomé-Libreville, LE SECOND SOUFFLE’ (court article)
-              14 avril 1978, dernier article de l’Union sur Sao Tomé ‘Vivre sa vie’.Compte rendu de la visite de deux journalistes gabonais. Morceau choisi… « Au ‘Benguédox’ unique établissement hôtelier de la capitale, un spectacle pittoresque nous attendait : les deux émissaires présidentiels gabonais (les autorités Santoméennes n’ayant apparemment pas reçu le télex annonciateur) déjeunant entouré d’experts cubains, est allemands, français, portugais, nord-coréens… »
Les relations se normalisent donc aussi brutalement qu’elles se sont dégradées entre les deux pays. En novembre 1979, soit un an et demi après les faits, le premier ministre santoméen Trovaoda est arrêté, accusé du ‘complot’ de 1978. Il sera exilé en France en 1981.
L’événement n’est pas anodin  lorsque on prend en considération que Miguel Trovoada était professeur d’espagnol à Libreville avant l’indépendance de Sao Tomé et qu’une fois devenu premier ministre, il séjournait chez l’un de ses amis proches lors de ses visites au Gabon….Le Colonel Djoué Dabany !
En 1981 un étudiant gabonais en histoire publie une thèse de doctorat sur les relations troubles entre la France et le Gabon depuis l’indépendance, sur fonds de barbouzeries et d’assassinats. Il y évoque la disparition de Djoué Dabany et la présence possible de l’épave du Puma à Sao Tomé ; La thèse fait également le lien entre la disparition du Puma et le crash du Grumman Présidentiel avec le Col.Layigui et René Journiac, ‘Monsieur Afrique’ de  Giscard. Interrogé récemment, le doctorant indique que la présence du Puma à Sao Tomé lui avait été donnée par son directeur de Thèse, le Professeur Pédrocini. Pédrocini, réputé proche du ministère de la défense  français….
En 1981 toujours, un ancien  coopérant français, ami des pilotes et du mécanicien navigant du Puma, est contacté par la veuve d’un autre de ses amis, décédé dans le crash du Grumman. Le Puma serait dans les hangars de la Snias (aujourd’hui airbus Helicopters) à Marignane, près de Marseille. Elle lui donne un numéro et le nom d’un contact sur place. Le militaire téléphone et a confirmation que l’hélico est bien en France, intact….
Les jours suivants la disparition du Puma, les familles françaises sont laissées à leur propre sort et à la solidarité des coopérants et des militaires gabonais de leur voisinage. Le capitaine qui commande la ‘Section d’Assistance Militaire Air ‘ gère la crise de manière calamiteuse et les autorités consulaires sont à peine plus présentes.
Le calvaire des familles:

Le Lt-Colonel Layigui, alors chef d’Etat-Major de l’armée de l’air, reçoit Mesdames Français, Sudre et Amat assez rapidement. Il remet à chacune une somme d’argent, de la part du Président. Puis il les met en garde en évoquant le contenu d’une conversation téléphonique de Madame Français avec ses parents. Les épouses sont donc sur écoute.
Alphonse Layigui  leur précise également que Djoué Dabany ne devait pas monter dans l’hélicoptère et leur laisse clairement entendre « qu’ils (le palais…) avaient des doutes sur lui ».
Une information tombe rapidement, le Puma a été retrouvé au Gabon, vide de ses occupants ! Puis plus rien et les recherches s’arrêtent le temps des fêtes de la rénovation.
Les familles françaises sont dès lors abandonnées à leur propre sort. L’armée française est engagée au Tchad dans l’opération Tacaud, et en mai 1978, la légion étrangère intervient à Kolwezi. La base aérienne est en effervescence car elle sert au transit des troupes et du matériel. Le Puma est ‘oublié’ par Paris et par son ambassade à Libreville.
Mesdames Français, Sudre et Amat seront rapatriées en France  avec leurs enfants en juillet 1978, en pleine crise entre le Bénin et le Gabon.
Tout est parti du discours de Kérékou à la tribune de l'O.U.A., et de la réponse de Bongo.Kérékou a profité de la réunion du sommet de l'O.U.A. pour reposer le problème du soutien du Président Bongo à la tentative de coup d'état contre son pays en janvier 77. Il a aussi aussi, dit-on, fait allusion à des problèmes internes au Gabon, à savoir la disparition du Puma !
Bongo, après avoir démenti les faits, a violemment insisté sur le caractère insultant et menaçant du discours de Kérékou  ajoute qu'il ne répondait pas des conséquences qu'il pourrait y avoir sur la communauté béninoise vivant au Gabon. Sous prétexte d’assurer leur sécurité, les béninois sont parqués, notamment dans le Lycée de l’estuaire près de l’aéroport. De nombreux troubles éclatent, la route de l’aéroport est fermée à de nombreuses reprises.
Le retour en France est purement cauchemardesque pour les familles de l’équipage.
Le combat pour la vérité
Trente-neuf ans après la disparition du Colonel Djoué-Dabany, le mystère reste presque entier sur son sort et celui de ses compagnons d’infortune, gabonais et français.
Seule certitude, le Puma TR-KCF ne s’est pas écrasé dans les environs de Ndjolé. Plusieurs sources et témoignages confirment que l’hélicoptère a été retrouvé, entier, vide de ses occupants.
Gabon, Sao Tomé, Congo, Angola , Guinée Equatoriale? Aucune preuve matérielle n’indique la destination finale de l’appareil.  
Quant à ses occupants, les rumeurs les plus folles ont couru sur leur sort… Fuite crapuleuse de l’équipage après l’assassinat du colonel, assassinat de l’équipage par le colonel pour les mêmes raisons… Rétention dans un village pygmée avant exécution, etc.
Paul Français aurait été vu dans un stade lors de la coupe du monde de football 1978 en Argentine. Peu probable quand on connait la rigueur de ce père de famille réputé intègre.
Un pilote d’hélicoptère en escale à Cayenne en 1985, qui n’était pas au courant de la disparition, a assuré avoir croisé Pierre SUDRE, qu’il avait perdu de vue depuis des années, quelques jours auparavant au Brésil. Invérifiable, le fameux témoin ayant lui-même péri dans un accident d’hélicoptère la semaine suivante !
La rumeur la plus improbable s’est pourtant avérée la seule un temps  soit peu crédible. Pierre Amat, l’un des pilotes, aurait été vu à Nice. Tellement invraisemblable que seul le témoignage récent d’un proche du colonel Dabany a permis d’y accorder crédit.
En 1967/68, le jeune officier gabonais était en stage à l’école des troupes aéroportées (ETAP)à Pau, avec d’autres stagiaires africains. A la même époque, Pierre Amat faisait son stage Puma, à Pau également. Il semble que les militaires y aient sympathisé.
Pierre Sudre était également à Pau les mêmes années, mais rien n’indique qu’il y ait rencontré les deux autres.
Quelques années après la disparition, un officier malien, camarade de promotion du colonel à Pau, tombe nez à nez avec pierre Amat, et l’interpelle. L’individu prétend blêmit et passe son chemin.
L’officier malien, obsédé par cette rencontre, profite d’une escale à Libreville pour rater volontairement son avion afin d’en référer à l’épouse du colonel.
Un député s’est vu opposé le secret défense en 2011 lorsqu’il a demandé la déclassification des documents.
En résumé, la position de la France depuis 1978 est qu’il n’y a  pas de dossier, et que d’ailleurs ce dossier qui n’existe pas est vide et que comme il n’existe pas et qu’il est vide, il est classé secret défense…

En 2013, alors que des blogs relatifs aux crimes du système Bongo faisaient état de quelques témoignages, Madame Français s’est vue approcher par un ancien agent secret qui lui a une nouvelle fois servi la même soupe indigeste.

Nous concluons cette première publication en ce 20 février.

Nous espérons qu’elle permettra de nouveaux témoignages et l’acquisition de nouveaux documents  permettront de résoudre cette énigme.
Pas seulement pour connaître la vérité et rendre hommage aux fils du Gabon et de la France sacrifiés, mais pour rendre leur histoire aux Gabonais.  

Cette affaire n'est pas terminée.

Merci de nous faire parvenir vos témoignages et documents en Inbox, sur cette page.