dimanche 26 février 2017

La disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany, TR-KCF ne répond plus..

Le texte documenté ci-dessous m'a été envoyé par un combattant de la liberté qui a préféré requérir l'anonymat. Il recherche la vérité sur la série des assassinats de 1978 à 1980 sous le regime d'Omar Bongo. La disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany est à ce jour un mystère non élucidé. L'hélicoptère PUMA TR-KCF disparu avec ses passagers sans laisser de traces est une énigme qui est à classer dans les coups  les plus tordus de la France et son dictateur Omar Bongo en Afrique. La lutte entre deux éminences grises de la françafrique, Foccart et Journiac, c'est deteint sur une lutte interne au sein de la famille Dabany, puis de Bongo. Je vous convie à cette lecture digne d'un roman d'espionnage.

«La disparition du Lt.Colonel  Djoué Dabany, TR-KCF ne répond plus.. 

L’histoire de l’aviation gabonaise est intrinsèquement liée à celle du pays. Lorsque le Puma TR-KCF disparait le 20 février 1978, c’est non seulement un drame humain et aéronautique, mais aussi sans doute,  la fin des illusions.

Les faits:

A bord de l’hélicoptère se trouvent les six membres de l’équipe sportive militaire parachutiste gabonaise, dont le Lt.Colonel Jean-Marie  Djoué Dabany, beau-frère du Président Bongo, le SLT Christophe OBEYE, neveu du Président, le capitaine Angoizambie et les sous-officiers Ntoungou Ngui, Somand et Moukala ;
Les paras ont pour instructeur un contractuel français, l’Aspirant Henri  Deba, champion du monde de parachutisme militaire 1975.
Outre Deba, trois français complètent l’équipage, Le Major Pierre Sudre, commandant de bord, l’ADC Pierre Amat, pilote, et l’ADC Paul Français, mécanicien navigant, tous trois coopérants.
Le 20 février 1978, le groupe de parachutistes doit se rendre à Franceville dans le cadre d’un entrainement aux championnats du monde militaires devant se dérouler l’été suivant. Initialement l’équipe devait embarquer dans un Nord 262 et non dans le Puma.
Compte tenu des conditions météo et de la distance, l’hélicoptère ne doit pas prendre de passagers. Il doit emporter du fret, notamment une caisse de devises correspondant aux salaires des fonctionnaires du Haut-Ogooué.  Le transport des salaires des fonctionnaires dans les provinces par l’armée de l’air était une mission courante.
Sur le tarmac de la base, le Major Sudre discute avec le pilote du Nord 262 en attendant le décollage pour Mvengue lorsque l’officier des opérations ordonne le déchargement du Puma au profit du Nord. Le fret est débarqué, à l’exception de la malle remplie d’argent. Ordre est donné d’aller chercher les paras au camp Aïssa, à un saut de puce de la base.
Au camp Aïssa, le Lt Colonel Djoué Dabany a de son côté reçu une injonction qui lui déplait. Son départ pour Franceville est anticipé de quelques heures, pour semble -t’il, remettre des médailles à des militaires sur place. Il refuse d’obtempérer après un premier appel téléphonique. Mais une seconde conversation se termine par un ‘A vos ordres, mes respects’.
L’appel vient de très haut, sans doute la présidence.  Le chef d’Etat-major des forces terrestres et navales prend sa douche et enfile sa combinaison. Il glisse un révolver dans sa botte de saut et rejoint ses hommes pour attendre le Puma. 
L’appareil décolle du camp Aîssa entre 11h13 et 11h15. A 12h30, un message est capté par un YS11 militaire et par un appareil civil : ‘Le Puma se crashe, panne moteur, dans le 110 de Ndjolé pour 40 nautiques’.  Le message est retransmis à la tour de contrôle de Libreville où il est enregistré sur la bande à 12h37 locale. Aucun autre appel ne sera émis.
Vers 14h, une Alouette3 est dépêchée sur les lieux mais se voit contrainte de faire demi-tour à cause d’un orage. Dans un premier temps, des recherches sont entreprises dans la zone indiquée par le pilote du Puma. Puis, pour des raisons inexpliquées, c’est dans la forêt des abeilles, distante de 200km, qu’elles se poursuivent les semaines suivantes. 

Les recherches s’arrêtent brutalement à l’approche des fêtes de la rénovation du 12 mars. Officiellement, la thèse de la panne moteur et de l’accident sont privilégiées, tant par Libreville que par Paris. Pourtant on déploie près de 3000 militaires gabonais et français sur un secteur loin de la zone de crash supposée, et des moyens aériens militaires importants sont envoyés par la France, le Maroc et les Etats-Unis. Il faut attendre plusieurs semaines avant que la région au sud de Ndjolé soit fouillée, en vain. Nulle trace de débris ou d’incendie. Aucune trace de l’équipage. Certes, il est quasiment impossible de survivre à un crash en forêt équatoriale. Mais trop d’inexactitudes et le silence des médias gabonais dans un premier temps font enfler les rumeurs.
Il faut attendre le 22 février pour que le journal ‘L’Union’ évoque un atterrissage forcé au sud de Booé…Puis le 24 février, le quotidien évoque des recherches au sud d’Ayem. Mais à aucun moment le nom de Jean-Marie Djoué Dabany n’est cité.   

Le 8 mars 1978 le Pdt Bongo déclare (l’Union)  « la disparition de l’hélicoptère ne doit pas perturber les fêtes de la rénovation ». L’Union : Le président Bongo s’est-il élevé contre les mauvaises langues qui établissent un rapport entre la disparition du Lt-Col Ndoutoume et celle de de l’hélicoptère militaire, considérant la seconde comme une conséquence de la première… Le nom de Djoué Dabany n’est toujours pas évoqué, on parle du Commandant AISSA, disparu quelques mois avant! Bongo évoque aussi l’accident du Commandant de Police Pépé ODOUGA, victime d’un grave accident de voiture sur la route d’Owendo. ODOUGA avait été laissé pour mort et c’est l’intervention du Col. DJOUE DABANY (également son beau-frère !) qui lui sauva la vie. Djoue Dabany avait fait don de son sang et était intervenu pour que ODOUGA soit évacué vers la France pour y être soigné .Paraplégique, OGOUDA a fini général, il est désormais écrivain et milite pour l’amélioration de vie des handicapés au Gabon

Pour comprendre les allégations de Bongo, il faut savoir que le Lt Col. Fabien Ndoutoume, adjoint du Lt Col. Djoué Dabany, est décédé, empoisonné, le 12 février 1978. La rumeur désigne Djoué Dabany comme ‘assassin’ de son adjoint sur fond de rivalités tribales.
La réalité est sans doute toute autre, car outre Ndoutoumet, Djoué Dabany et Oudouga, un autre officier supérieur est victime de cette véritable hémorragie de l’Etat-major des FAG, le médecin colonel Albert LOEMBE, également empoisonné le 7 février 1978. Loembe décédera en avril 1978 à l’hôpital militaire Bégin de Paris.
Les accidents, assassinats ou disparitions de ces officiers supérieurs, en pleine forces de l’âge, dans le même mois,  ne sauraient être imputés au hasard.

Le contexte:

En février 1978, la situation est tendue, tant à l’intérieur du pays qu’à ses frontières.
Le Gabon est un enjeu stratégique pour la France en ces temps de guerre froide et le pays est un verrou au milieu d’états qui se sont rapprochés du bloc soviétique. Guinée Equatoriale, Congo, Angola au Sud sont marxistes et depuis quelques mois, l’archipel de Sao Tomé et Principe  s’intéresse au socialisme sous les yeux bienveillants de Luanda.  
Dans ses conditions, les aspirations démocratiques des gabonais ne sont pas la préoccupation principale de Paris qui au-delà de son implantation militaire profite largement des ressources naturelles du pays dont la santé économique est par ailleurs au beau fixe. Transgabonais, Air Gabon, Pétrole, minerais et bois précieux sont la fierté, à juste titre, des gabonais. Mais des voix s’élèvent pour que le peuple ait son dû. A l’Université Omar Bongo, les étudiants se mettent en grève fin janvier. Le doyen de l’université, le Pr . AMBOUROUE AVARO, est écarté, accusé de complaisance avec ses étudiants.
Le 2 février, les forces de l’ordre et l’armée investissent l’université et les étudiants sont incorporés d’office. Les moins malchanceux auront droit à une marche du Cap Estérias jusqu’à Libreville, avec un sac de 30kg sur le dos et les brimades des paras. Ceux sous l’uniforme de la police, commandée par Jean Boniface ASSELE gouteront de la chique. Le professeur AMBOUROUE AVARO trouvera la mort dans l’accident d’un avion de l’aéroclub de Libreville en novembre 1978.

JB ASSELE, l ’ainé des Dabany a d’ailleurs été nommé au  poste de général en chef de la police ainsi qu’à celui de ministre de la jeunesse et des sports le jour de l’assassinat de NDOUA DEPENAUD en juillet 1977. L’assassinat du poète par des mercenaires français ne semble pas du goût de Jean-Marie Djoué Dabany. D’autre part les relations personnelles entre le chef d’Etat-Major et le Président se sont passablement dégradées et Bongo craint Dabany. Assele fait rédiger un rapport accusant son propre cadet de fomenter un coup d’Etat.

L’hypothèse d’une tentative de coup d’état déjouée par les services gabonais et français n’a rien de saugrenu. Plus tordu mais plausible, un conflit d’intérêts entre les anciens de Foccart, écarté par Giscard D’Estaing et le Président Français, n’est pas à exclure pour autant. Les carnets de vol de Pierre Sudre, qui a effectué un séjour au camp de Gaulle en juillet 1977 attestent de la présence de Foccart à Libreville et de son transport dans une Alouette 3 française  pilotée par le commandant de bord du Puma disparu quelques mois plus tard. Or Foccart n’était officiellement plus aux affaires depuis 1974. Que nous révèlent les 7 posés d’assauts à la Pointe- Denis indiqués lors de ce vol avec le pape de la Françafrique ?
Le successeur de Foccart, René Journiac trouvera lui la mort en février 1980 à bord du Grumman G2 présidentiel gabonais (Tr-KHB), piloté par un autre parent du Pdt Bongo, le Col. Layigui!    
Quoi qu’il en soit, en février 1978, le Gabon perd trois de ses fils,  officiers supérieurs, un commandant de police est entre la vie et la mort et le doyen de l’Université est limogé avant de trouver la mort en novembre aux commandes de son avion de tourisme.    

Les hypothèses:

Mais qu’est-il arrivé au Puma Tr-KCF et à son équipage ?
Une panne moteur est très peu probable. L’hélicoptère sortait de révision et un vol de contrôle avait été effectué le matin même.
Un sabotage est également improbable, pour la simple est bonne raison que les contrôles ont été effectués par l’équipage lui-même.
Ces éléments sont consignés dans le rapport de gendarmerie rédigé après enquête.
Le crash du Puma reste hypothétique, par exemple pour des raisons météorologiques. Mais cette option est mise à mal par le soin apporté à organiser des recherches loin du lieu indiqué par le dernier contact.
L’hypothèse d’un détournement du TR-KCF est donc la piste privilégiée par les personnes qui se sont repenchées sur le dossier depuis quelques années.
Détournement à l’initiative du Lt Colonel dans le but de s’échapper après la mort de ses frères d’armes ?
Détournement en vue d’exécuter le chef d’Etat-major et  ses compagnons d’infortune ?
A 350 km des côtes gabonaises, à Sao Tomé , il semble que les mouvements d’hélicoptères n’échappent pas au Président Da COSTA…

Sao Tome, la baie des cochons franco-gabonaise ?

En février 1978 relations entre le Gabon et Le petit état de Sao Tomé et Principe sont complexes. Bongo a aidé Da Costa à faire accéder le pays  à l’indépendance  et lui a même offert un ancien C47 de l’armée de l’air, mais  l’archipel lusophone se tourne de plus en plus vers le socialisme sous l’influence de l’Angola. En juillet 77, Da Costa boude le sommet de l’OUA à  Libreville où il envoie son premier ministre Miguel Trovoada. Bongo n’apprécie pas du tout ce qu’il considère comme un affront personnel de celui qu’il a largement aidé à prendre le pouvoir. D’autant que la perspective de se voir encerclé par des pays marxistes sur toutes ses frontières hormis celle avec le Cameroun n’enchante ni Libreville, ni Paris….
Hasard ( ?) du calendrier, des accords diplomatiques sont  signés le 19 février 1978 entre Sao Tome et Luanda. Le même jour, un porte-hélicoptère américain quitte Libreville où il était en escale de courtoisie depuis quelques jours et se dirige vers Abidjan en coupant à travers les îles de Sao Tomé et  Principe. Des hélicoptères de l’US Navy en profitent probablement pour survoler l’archipel et signifier aux alliés de Moscou que l’Oncle Sam veille au grain…Première alerte… L’Inchon s’éloigne mais le 20 février au soir da Costa se plaint à l’ONU que son espace aérien a été violé par un hélicoptère en provenance du Gabon, avec des mercenaires à son bord venus pour le renverser ! 
Début mars, 1000 soldats angolais sont déployés à Sao Tomé, avec des conseillers cubains et est-allemands et deux radars mobiles soviétiques de détection aérienne. Bongo qualifiera plus tard Sao Tomé de ‘Porte-avions les canons tournés vers Libreville’ . Le torchon brule, les diplomates s’activent.
-              16 mars 1978 visite à Luanda du secrétaire d’état gabonais aux affaires étrangères, pour évoquer ‘quelques différents’. Visite à Libreville envisagée du Pdt Angolais Neto.
-              31 mars, audience présidentielle d’une délégation de Sao Tomé. L’Union « Le diplomate de Sao Tomé a indiqué à sa sortie d’audience que son entretien avec le Président avait porté principalement sur la situation actuelle de son pays à la suite de tentatives d’agression dont ce dernier aurait été l’objet il y’a quelques semaines »   

Il faut attendre le 7 avril 1978 pour que l’Union fasse un article de fond sur la disparition du Puma et liste enfin les disparus. Dans la même édition, le journal gouvernemental publie le premier de trois articles très virulents à l’encontre de Da Costa. 
«  Sao Tomé et Principe, autopsie d’un complot ». Charge contre Da Costa qui passe pour un parano après que le porte-avions US soit passé entre les deux iles. Accusations de complot depuis Cabinda et Libreville où l’ancien ministre de la santé est réfugié.
-              7, 8 et 10 avril, série d’articles virulents dans l’Union contre Sao Tomé : ‘Autopsie d’un complot’, ‘le syndrome de la baie des cochons’, ‘le rapprochement angolo cubain’.

Pourtant, dès le 11 avril, l’Union change de ton alors que deux diplomates gabonais se rendent sur l’archipel : « Cette visite d’une journée témoigne du réchauffement des relations entre les deux pays et d’une relance de la coopération intergouvernementale… »
-              12 avril 1978, L’Union : ‘Coopération Sao Tomé-Libreville, LE SECOND SOUFFLE’ (court article)
-              14 avril 1978, dernier article de l’Union sur Sao Tomé ‘Vivre sa vie’.Compte rendu de la visite de deux journalistes gabonais. Morceau choisi… « Au ‘Benguédox’ unique établissement hôtelier de la capitale, un spectacle pittoresque nous attendait : les deux émissaires présidentiels gabonais (les autorités Santoméennes n’ayant apparemment pas reçu le télex annonciateur) déjeunant entouré d’experts cubains, est allemands, français, portugais, nord-coréens… »
Les relations se normalisent donc aussi brutalement qu’elles se sont dégradées entre les deux pays. En novembre 1979, soit un an et demi après les faits, le premier ministre santoméen Trovaoda est arrêté, accusé du ‘complot’ de 1978. Il sera exilé en France en 1981.
L’événement n’est pas anodin  lorsque on prend en considération que Miguel Trovoada était professeur d’espagnol à Libreville avant l’indépendance de Sao Tomé et qu’une fois devenu premier ministre, il séjournait chez l’un de ses amis proches lors de ses visites au Gabon….Le Colonel Djoué Dabany !

En 1981 un étudiant gabonais en histoire publie une thèse de doctorat sur les relations troubles entre la France et le Gabon depuis l’indépendance, sur fonds de barbouzeries et d’assassinats. Il y évoque la disparition de Djoué Dabany et la présence possible de l’épave du Puma à Sao Tomé ; La thèse fait également le lien entre la disparition du Puma et le crash du Grumman Présidentiel avec le Col.Layigui et René Journiac, ‘Monsieur Afrique’ de  Giscard. Interrogé récemment, le doctorant indique que la présence du Puma à Sao Tomé lui avait été donnée par son directeur de Thèse, le Professeur Pédrocini. Pédrocini, réputé proche du ministère de la défense  français….

En 1981 toujours, un ancien  coopérant français, ami des pilotes et du mécanicien navigant du Puma, est contacté par la veuve d’un autre de ses amis, décédé dans le crash du Grumman. Le Puma serait dans les hangars de la Snias (aujourd’hui airbus Helicopters) à Marignane, près de Marseille. Elle lui donne un numéro et le nom d’un contact sur place. Le militaire téléphone et a confirmation que l’hélico est bien en France, intact….
Les jours suivants la disparition du Puma, les familles françaises sont laissées à leur propre sort et à la solidarité des coopérants et des militaires gabonais de leur voisinage. Le capitaine qui commande la ‘Section d’Assistance Militaire Air ‘ gère la crise de manière calamiteuse et les autorités consulaires sont à peine plus présentes.

Le calvaire des familles:

Le Lt-Colonel Layigui, alors chef d’Etat-Major de l’armée de l’air, reçoit Mesdames Français, Sudre et Amat assez rapidement. Il remet à chacune une somme d’argent, de la part du Président. Puis il les met en garde en évoquant le contenu d’une conversation téléphonique de Madame Français avec ses parents. Les épouses sont donc sur écoute.
Alphonse Layigui  leur précise également que Djoué Dabany ne devait pas monter dans l’hélicoptère et leur laisse clairement entendre « qu’ils (le palais…) avaient des doutes sur lui ».
Une information tombe rapidement, le Puma a été retrouvé au Gabon, vide de ses occupants ! Puis plus rien et les recherches s’arrêtent le temps des fêtes de la rénovation.
Les familles françaises sont dès lors abandonnées à leur propre sort. L’armée française est engagée au Tchad dans l’opération Tacaud, et en mai 1978, la légion étrangère intervient à Kolwezi. La base aérienne est en effervescence car elle sert au transit des troupes et du matériel. Le Puma est ‘oublié’ par Paris et par son ambassade à Libreville.

Mesdames Français, Sudre et Amat seront rapatriées en France  avec leurs enfants en juillet 1978, en pleine crise entre le Bénin et le Gabon.
Tout est parti du discours de Kérékou à la tribune de l'O.U.A., et de la réponse de Bongo.Kérékou a profité de la réunion du sommet de l'O.U.A. pour reposer le problème du soutien du Président Bongo à la tentative de coup d'état contre son pays en janvier 77. Il a aussi aussi, dit-on, fait allusion à des problèmes internes au Gabon, à savoir la disparition du Puma !
Bongo, après avoir démenti les faits, a violemment insisté sur le caractère insultant et menaçant du discours de Kérékou  ajoute qu'il ne répondait pas des conséquences qu'il pourrait y avoir sur la communauté béninoise vivant au Gabon. Sous prétexte d’assurer leur sécurité, les béninois sont parqués, notamment dans le Lycée de l’estuaire près de l’aéroport. De nombreux troubles éclatent, la route de l’aéroport est fermée à de nombreuses reprises.
Le retour en France est purement cauchemardesque pour les familles de l’équipage.

Le combat pour la vérité

Trente-neuf ans après la disparition du Colonel Djoué-Dabany, le mystère reste presque entier sur son sort et celui de ses compagnons d’infortune, gabonais et français.
Seule certitude, le Puma TR-KCF ne s’est pas écrasé dans les environs de Ndjolé. Plusieurs sources et témoignages confirment que l’hélicoptère a été retrouvé, entier, vide de ses occupants.
Gabon, Sao Tomé, Congo, Angola , Guinée Equatoriale? Aucune preuve matérielle n’indique la destination finale de l’appareil.  
Quant à ses occupants, les rumeurs les plus folles ont couru sur leur sort… Fuite crapuleuse de l’équipage après l’assassinat du colonel, assassinat de l’équipage par le colonel pour les mêmes raisons… Rétention dans un village pygmée avant exécution, etc.
Paul Français aurait été vu dans un stade lors de la coupe du monde de football 1978 en Argentine. Peu probable quand on connait la rigueur de ce père de famille réputé intègre.
Un pilote d’hélicoptère en escale à Cayenne en 1985, qui n’était pas au courant de la disparition, a assuré avoir croisé Pierre SUDRE, qu’il avait perdu de vue depuis des années, quelques jours auparavant au Brésil. Invérifiable, le fameux témoin ayant lui-même péri dans un accident d’hélicoptère la semaine suivante !

La rumeur la plus improbable s’est pourtant avérée la seule un temps  soit peu crédible. Pierre Amat, l’un des pilotes, aurait été vu à Nice. Tellement invraisemblable que seul le témoignage récent d’un proche du colonel Dabany a permis d’y accorder crédit.
En 1967/68, le jeune officier gabonais était en stage à l’école des troupes aéroportées (ETAP)à Pau, avec d’autres stagiaires africains. A la même époque, Pierre Amat faisait son stage Puma, à Pau également. Il semble que les militaires y aient sympathisé.
Pierre Sudre était également à Pau les mêmes années, mais rien n’indique qu’il y ait rencontré les deux autres.
Quelques années après la disparition, un officier malien, camarade de promotion du colonel à Pau, tombe nez à nez avec pierre Amat, et l’interpelle. L’individu prétend blêmit et passe son chemin.
L’officier malien, obsédé par cette rencontre, profite d’une escale à Libreville pour rater volontairement son avion afin d’en référer à l’épouse du colonel.

Un député s’est vu opposé le secret défense en 2011 lorsqu’il a demandé la déclassification des documents.
En résumé, la position de la France depuis 1978 est qu’il n’y a  pas de dossier, et que d’ailleurs ce dossier qui n’existe pas est vide et que comme il n’existe pas et qu’il est vide, il est classé secret défense…
En 2013, alors que des blogs relatifs aux crimes du système Bongo faisaient état de quelques témoignages, Madame Français s’est vue approcher par un ancien agent secret qui lui a une nouvelle fois servi la même soupe indigeste.

Nous concluons cette première publication en ce 20 février.
Nous espérons qu’elle permettra de nouveaux témoignages et l’acquisition de nouveaux documents  permettront de résoudre cette énigme.

Pas seulement pour connaître la vérité et rendre hommage aux fils du Gabon et de la France sacrifiés, mais pour rendre leur histoire aux Gabonais.  

Cette affaire n'est pas terminée.
Merci de nous faire parvenir vos témoignages et documents en Inbox, sur cette page.

vendredi 24 février 2017

Les amis européens du dictateur BOA


















Chers compatriotes,
L'eau que les gabonais boivent

Nous ne devons jamais oublier que notre pays est notre force celle qui nous lie les uns aux autres. Quelque soit l’endroit du monde ou l’on se trouve, une part de notre être reste dépendant de nos racines et doit toujours y revenir. Cette force vient de notre cohésion familiale, de notre fidélité les uns envers les autres, de notre culture, du caractère de notre condition d'être humain et de la conscience d'appartenir à une même nation. Depuis des générations, envers et contre le système de répression organisé contre notre peuple nous avons préservé ce lien et cette force nous guidera encore à l’avenir. Telle est notre destinée. Mais à voir la façon dont notre pays est gouverné, on comprend que ceux qui se sont imposé à la tête du Gabon ne se préoccupent nullement de son avenir et encore moins de son peuple: Ils agissent comme si ce n'est pas leur pays, car ils ont tous un autre pays en échange. En effet, ils sont non seulement loin d'être de vrais gabonais, mais possèdent d'autres nationalités.


Les assassinats du régime en cas
de contestation ou de revendication
Les exemples de cette forfaiture sont multiples. La gestion calamiteuse de l'Etat est à la base des souffrances qu'endurent les gabonais. Même sous la dictature implacable d'Omar Bongo, on avait jamais vu un spectacle aussi ahurissant de files des gabonais chargés de bidons pour la quête de l'eau. Les gabonais dont le pays détient la cinquième réserve mondiale en eau se retrouvent, comme au sahel, privés de cette ressource vitale. Les gabonais, en trois ans de dictature, ont plus souffert qu'en 49 de pouvoir Mba-Omar Bongo. C'est l'assassinat programmée des gabonais.
L’argent des contribuables doit naturellement toujours être dépensé et géré au mieux des intérêts de la population et non de ses dirigeants. Nous attendons tous que le gouvernement qui s'est imposé de force fasse quelque chose matière de soins de santé, d’éducation, d’infrastructures, de sécurité, de services, etc. Or les budgets de 2010, 2011 et 2012 bien que totalement libérés, n'ont vu aucune exécution des travaux prévus pour la dépense de ces budgets. Ou est passé l'argent? 

Une victime du régime sauvagement assassinée
Continuer à voler aussi impunément l'argent public a des conséquences incalculables sur la Sécurité Sociale.  De même, faire des dépenses inopportunes, des dépenses de prestige qui n'ont d'autres finalités que celle d'étancher la soif de gloriole du demi monarque et de ses courtisans est de la criminalité pure. Il est crucial de développer une culture de rationalisation des choix dépensifs de l'Etat par rapport aux nécessités, aux besoins réels du peuple. A cela il faut associer une fiscalité plus juste et plus équitable et une gestion saine des revenus de rente dont nous disposons.
 
Les logements des gabonais
 


Les forces françaises protègent les dictateurs en Afrique.


Les forces françaises au Gabon ont pour mission de protéger la dictature des Bongo Ondimba, quelque soit le régime de droite ou de gauche au pouvoir en France. Les gabonaises et les gabonais doivent se faire une raison et chercher les moyens de se libérer du joug du colonialisme et de la dictature d'une famille. Ce n'est pas la peine de se faire bercer d'illusions fournis par des hommes politiques français qui prétendent être pour la démocratie et les droits humains alors qu'en sous main ils installent et soutiennent des dictatures les plus criminogènes et les plus liberticides de la planète. OBO dans une vidéo l'a clairement dit: quelque soit l'homme politique, de gauche ou de droite qui arrive au pouvoir en France, il appliquera la même politique, parceque la France sans l'Afrique n'est rien. Les accords signés par BOA et Sarkozy en 2010 renforcent cette dépendance et annihile la souveraineté du peuple gabonais.

Haute trahison de BONGO ONDIMBA ALI


Les armes restent-elles la dernière solution
pour la libération du Gabon?
L'accord signé par BOA en 2010 avec son pays de rechange la France, puisqu'il a maintenant la nationalité française pour services rendus, est un acte de haute trahison contre le Gabon et son peuple. Il viole la constitution, le serment constitutionnel et constitue un parjure.
 
En effet cet accord stipule que « les forces françaises stationnées ont la faculté de circuler sur le territoire de la République gabonaise, y compris dans sa mer territoriale et son espace aérien. La liberté de déplacement dans les eaux territoriales gabonaises comprend notamment l’arrêt et le mouillage en toutes circonstances » ; aucune taxe ni loyer n’est par ailleurs demandé aux Forces françaises au Gabon, à l’inverse de ce qu’il est de coutume dans la plupart des pays ; par ailleurs l’accord consacre aussi une totale impunité des militaires français en poste au Gabon, même si ces derniers entraînent la mort pendant leur activité. Autrement dit ils peuvent tuer des gabonais et perpétrer des crimes de masse en toute impunité, après tout pour ces français les gabonais ne sont pas des êtres humains mais des primates à peine évolués.

Si l'on s'en tient à l'article 12 de la Loi fondamentale, " Lors de son entrée en fonction, le président de la République prête solennellement serment, devant le Parlement et la Cour constitutionnelle. La main gauche posée sur la Constitution, la main droite levée devant le drapeau national : Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais, en vue d'assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’État de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d'être juste envers tous."

Quand une armée étrangère s'installe au Gabon et circule librement en toutes circonstances, bénéficiant d'une totale indépendance d'actions, consacrant une impunité totale même si leurs actions entrainent des morts d'hommes et des dommages, cela s'appelle la perte de la souveraineté et donc d'indépendance.

Les barbouzes de l'armée française au service du dictateur dans son armée privée la "GR" auteur des pires exactions pendant la crise post électorale. C'est ceux la qui ont bombardé sous les ordres de BOA le QG de Jean PING, Président élu dans la nuit du 31/08/2017.
Quand BOA signe un tel accord il trahi le peuple gabonais qui se retrouve à la merci d'une armée d'occupation. Cette armée s'est rendu complice d'assassinats odieux des escadrons de la mort qui se sont perpétrés après les élections d'août 2016 au Gabon. Elle n'est pas la pour protéger les gabonais. Pire certains de ses éléments ont participé à l'attaque du QG de Jean Ping qui a fait 17 morts et de nombreux portés disparus. Comme elle l'a déjà fait au Rwanda en protégeant les génocidaires et en couvrant leur fuite elle protége ses complices au pouvoir. Elle a renforcé son dispositif à la veille des élections présidentielles pour protéger les criminels du régime mis au pouvoir par ce pays, garantir la confiscation du pouvoir et empêcher le président élu Jean Ping de prendre le pouvoir.

Donner une telle liberté à une armée étrangère qui s'est illustré par des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité en Algérie, au Cameroun, au Sénégal, au Rwanda, au Vietnam et au Gabon en 1990 relève de la haute trahison. Il est temps de prendre des résolutions fermes pour arrêter ce traite  tyran et de le juger. Nous devons avoir conscience que BOA est une marionnette manipulée par le véritable ennemi du Gabon: La FranceAfrique, la nébuleuse terroriste et mafieuse des gouvernements français et de ses entreprises du CAC40.


Paludisme : la propagation inquiétante de la résistance au traitement


Un cas de résistance au principal traitement contre le paludisme a été observé pour la première fois en Afrique. Une mauvaise nouvelle pour la lutte contre cette maladie qui a fait plus de 400.000 morts dans le monde en 2015.


C'est une découverte préoccupante pour les efforts mondiaux de contrôle du paludisme, qui a fait plus de 400.000 morts dans le monde en 2015 : Plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme, devient plus résistant aux traitements. Après l'Asie du Sud, un cas de résistance au principal médicament, l'artémisinine, a été observé pour la première fois en Afrique, révèle une étude publiée dans le New England Journal of Médicine.

L'artémisinine, dernier antipaludéen qui résiste encore au parasite

L'artémisinine est la principale arme contre cette maladie transmise par des moustiques, qui a touché 214 millions de personnes en 2015, surtout en Afrique subsaharienne chez les jeunes enfants. Cette équipe internationale de recherche a identifié l'origine africaine de ce parasite résistant à l'artémisinine, détecté chez un malade chinois qui avait voyagé de Guinée Équatoriale en Chine. Normalement, l'artémisinine, combinée à un autre antipaludéen, élimine les parasites du sang en trois jours.
Mais dernièrement des souches du parasite en Asie du Sud sont devenues plus résistantes à l'artémisinine. Cette résistance est encore partielle et la majorité des malades guérissent, cela leur prend juste plus de temps. Toutefois, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et tous les experts redoutent que le Plasmodium falciparum ne finisse par développer une résistance totale à l'artémisinine, comme c'est déjà le cas pour les autres antipaludéens.

"Un revers majeur dans la lutte contre le paludisme"

Cette nouvelle étude a été menée par Jun Cao de l'Institut Jiangsu des maladies parasitaires, en Chine. Celui-ci a pu confirmer que le parasite était porteur d'une nouvelle mutation dans un gène dit K13, le principal agent de la résistance à l'artémisinine en Asie. L'origine africaine de cette mutation a été établie par un séquençage génétique effectué par Arnab Pain, professeur de bio-science à l'Université des sciences et technologies du roi Abdallah, en Arabie saoudite. "La propagation de la résistance à l'artémisinine en Afrique serait un revers majeur dans la lutte contre le paludisme" puisque ce médicament est la seule arme efficace contre cette maladie pour le moment, souligne le professeur Pain. "Il est de ce fait très important de surveiller régulièrement la résistance à l'artémisinine dans le monde".
Les premières souches résistantes sont apparues en 2008 au Cambodge. Le rôle clé du gène mutant K13 a été découvert en 2014 par des chercheurs de l'Institut Pasteur à Paris et au Cambodge. La stratégie actuelle pour traiter les patients infectés par des parasites résistants est de recourir à une combinaison de médicaments, surtout d'anciens antipaludéens plus efficaces pendant un certain temps, comme on fait avec les antibiotiques.
LL avec AFP

jeudi 23 février 2017

Ayons une nouvelle perspective de la lutte de libération

Chers compatriotes


Les rebuts de la société qui ne se retrouvent dans les corps armés que comme instruments de répression au service d’une caste de criminels ne connaissent que deux formes de lutte: la première est le massacre des enfants et des populations désarmées. La seconde c'est le pillage et la fuite devant des populations décidées d'en découdre, avec des armes ou non.

Ce temps est proche, les populations vont en découdre avec ce régime criminel et sanguinaire vu la défaillance d'une communauté internationale prompte à soutenir des dictateurs qui garantissent leurs intérêts.




Ce régime vient de franchir un niveau inacceptable en s'en prenant aux enfants qui, pacifiquement, ne demandaient que leur droits constitutionnels à l'instruction. Il n'y a désormais aucune justification morale pour défendre ce régime. Ceux qui le font sont désormais des complices de ses actes criminels. Ils devront en répondre devant le tribunal du peuple.


La volonté populaire a, par les urnes, retiré toute légitimité à BOA le 27 août 2016. Par les armes il a confisqué la légalité au prix des centaines de victimes. Il maintient une répression sanglante contre tous et par devers tout. Notre libération ne nous laisse pas d'autres choix que de nous soulever contre la tyrannie. BOA nous impose le choix des armes, nous devons nous y attelés.

Grève des élèves du Lycée Technique de Libreville
revendiquant leurs bourses et des conditions d'études minimales

Nous, gabonaises et gabonais, devrons savoir que l'objectif est la destitution de BOA et de son gouvernement inique et la mise en place d’un exécutif provisoire, fort, crédible et républicain; l’abrogation de la Constitution rédigée et adoptée par le seul PDG; le remboursement obligatoire de tous les milliards de dollars volés au Gabon par les Bongo et leurs complices; la saisie des biens spoliés au peuple gabonais; la dissolution de toutes les chambres dites parlementaires des Bongo-PDG et du Conseil économique et social des Bongo-PDG; la dissolution des chambres judiciaires, notamment de la Cour constitutionnelle des Bongo-PDG ainsi que ses annexes chargées des élections en faveur du PDG et des Bongo ; la dissolution du parti-Etat-Bongo-PDG pour détournements massifs de biens, deniers publics et fraudes électorales ; la convocation de la 2e conférence nationale cette fois souveraine et la mise en place d’une Assemblée constituante; l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum et l'adoption d’un nouveau découpage électoral et d’une nouvelle loi électorale; l’installation du nouveau président de la nouvelle République et nomination d’un nouveau gouvernement; et, enfin, l’élection du nouveau Parlement et le renouvellement des chambres judiciaires. C’est notre volonté parce que c'est la volonté populaire des Gabonais. La communauté internationale doit le savoir, nous y parviendrons quitte à nous allier avec le bon Dieu ou le diable s'il le faut.


Nous avons plusieurs fois essayé par les urnes, le pouvoir Bongo pdg refusant chaque fois la défaite, nous a volé chaque fois nos victoires, nous avons échoué.

Nous avons à plusieurs reprises essayé par le dialogue,  nous avons échoué. 

Nous avons essayé par nos marches pacifiques pour demander notre liberté, BOA nous a fait tiré dessus et beaucoup de nos compatriotes ont payé le prix fort pour ces marches pacifiques.

Nous avons essayé l'aide et le soutien de la communauté internationale, ce soutien a été torpillé par les complices français de la dictature BOA, nous avons donc échoué.

Nous avons essayé les grèves, nous avons paralysé l'administration, mis à mal l'économie, bloqué le fonctionnement régulier de toutes les composantes non militaires du Gabon, le régime BOA reste accroché tel un morpion dans une partie intime.

Nous avons essayé le battage médiatique international, les marches dans les principales villes du monde entier, les rencontres avec des hommes politiques justes et libres et les ONG, la justice nationale et internationale, nous n'avons toujours rien.

Comment alors s'étonner que l'exaspération du peuple gabonais ne prenne pas le masque de la violence?

Par quel moyen parviendrons nous à libérer notre pays de ces sangsues?.

Par les larmes et par les pleurs? les tonnes des larmes versées par le peuple Gabonais en un demi siècle de dictature dépassent de loin les eaux de notre fleuve L'Ogooué. Par les cris et pleurs de notre peuple rendraient sourd toute personne normale et feraient d'un sourd un entendant. Par les fleurs, certains s'y sont consacrés en entrant dans le régime, ils y ont été convertis à l'imposture. Par les prières Dieu nous entend mais tarde à s'exécuter, il est vrai que temps des hommes n'est pas celui de Dieu, mais la douleur et la misère sont telles qu'il n'est plus possible de supporter. Par les armes? C'est la seule voie qui n'a pas été éprouvée jusqu'à lors.

C'est une question à laquelle chaque gabonaise et chaque gabonais se doit de répondre.
Pour notre part, nous avons choisi le pis-aller. On nous a dit par tous les moyens? Alors que reste-t-il comme moyen? Nous disons chiche.

dimanche 19 février 2017

Connaitre l'ennemi du peuple gabonais c'est faire un grand pas vers sa libération.





Un «ami» belge m'a posé la question de savoir ce qu'est la françafrique. La réponse la plus plausible que j'ai pu lui donner est que la françafrique est un réseau criminel intégré, une nébuleuse mafieuse et terroriste composée des entreprises françaises, des hommes politiques français de droite et de gauche, des militaires français, des dictateurs africains et leurs affidés, des affairistes mafieux, voleurs et des assassins, tous pour la plupart membres des sociétés secrètes. Leurs buts, au nom des intérêts particuliers de la France, des sociétés françaises et de ses hommes politiques, est de maintenir l'Afrique  dans la dépendance pour continuer l'oeuvre de l'esclavage et de la colonisation; pour continuer le pillage de ses richesses, de ses matières premières; pour propager l'obscurité et la misère dans le continent africain aux fins que les peuples africains ne se développent pas.


Il m'a répondu en me disant: « Mais que crois-tu que la Belgique fait dans ses ''ex'' colonies depuis Léopold II? Si la France a inventé le travail forcé et le servage, nous avons en plus de ça inventé les ''manches courtes'' et les ''manches longues'' pour les nègres qui n'apportaient pas suffisamment la production journalière de caoutchouc ou d'autres productions agricoles demandées. Nous avons assassiné Lumumba et tous ceux qui allaient à l'encontre de nos intérêts, nous avons fabriqué des tyrans que nous avons installé au Congo, au Rwanda et au Burundi pour garantir nos intérêts et pour donner un semblant d'indépendance, nous avons saboté l'éducation dans nos colonies aux fins que ces nègres soient des bons ouvriers et de bons musiciens plutôt que des diplômés, des intellectuels, des docteurs ou des ingénieurs. Pour nous garantir la fidélité de nos dictateurs, nous avons fabriqué des opposants à ces régimes. Nous les avons installés chez nous, dans la dépendance sociale, pour mieux les contrôler. Je pourrai te démontrer que ce que fait la France dans ses ''ex'' colonies, la Belgique qui est devenue premier producteur mondial de cuivre et d'uranium sans avoir un seul gramme de ces minerais dans son sol, le fait avec brio et même avec challenge, avec en plus le cynisme et l'hypocrisie qui nous caractérisent quant il s'agit d'intérêts. Pour moi la France vous caresse avec de belles paroles en vous promettant liberté et démocratie, certes avec le dos de la cuillère, mais c'est pour mieux vous avaler. Et naïvement vous croyez en sa bonne foi de "pays des droits de l'homme" parce qu'elle vous a formé vos premiers diplômés à l'aube des indépendances factices, alors que nous les belges prévoyons le faire cinquante ans plus tard. Vous oubliez les paroles du général De Gaulle à propos de l'éducation dans les colonies: « des lycées pourquoi faire? Plutôt des ateliers et des centres d'apprentissage pour former des bons ouvriers».
Pour tout te dire, ce que nous avons reproché à Hitler ce n'est pas les pillages des richesses, les crimes, les destructions et les assassinats de masse, les génocides qu'il a commis. La France, la Belgique, le Royaume-Uni, les États-Unis, etc, l'ont fait et continuent à le faire. Ce que nous avons reproché à Hitler c'est d'avoir appliqué ces procédés à nous les blancs, c'est là son seul crime. Alors si vous ne faites pas comme les vietnamiens ou les algériens votre dépendance sera perpétuelle

Lorsque cet «ami» m'a senti circonspect il m'a dit ''ce n'est pas contre toi que je parle'' et m'a posé la question de savoir ce qui me gênait dans ce qu'il avait dit. Était-ce le terme «nègre» ou la réalité de ce qu'il avait évoqué, avait-il ajouté. Je lui ai répondu que rien ne me gênait dans ce qu'il avait évoqué et encore moins le terme nègre qu'il a utilisé pour décrire une réalité. J'ai ajouté que les peuples colonisés du monde entier ont tous commis la même erreur: ils ont été bercés par l'illusion des cloches de l'angélus et se sont réveillés enchaînés, au tonnerre du canon, dépouillés de leurs terres et de leur liberté. Ces peuples ont un mauvais rapport avec la vérité. Ils préfèrent plutôt un mensonge qui endort qu'une vérité qui dérange.

Évidemment comment peut-on se libérer d'une réalité que l'on ignore, ou que l'on feint d'ignorer? Il n'y a que les peuples qui ont accepté la vérité qui dérange plutôt que le mensonge qui arrange. Ceux-là ont réussi à se libérer. La vie n'est pas une fatalité, mais elle le devient quand on l'accepte comme telle. Il faut regarder la réalité en face et décider entre la fatalité d'une existence décidée par ses tortionnaires et l'exaltation qu'offre le sentiment d'être enfin libre. Libre d'être débarrassé d'un système d'exploitation des ressources humaines et naturelles par un réseau criminel intégré, la nébuleuse mafieuse et terroriste nommée françafrique. Si je connais mon ennemi je peux identifier ses points faibles et donc le combattre et le vaincre. Dans le cas contraire je tourne en rond en me berçant d'illusions.
Alors comme l'a dit Martin Luther King, «chacun d'entre nous a la responsabilité morale de désobéir aux lois injustes»

samedi 4 février 2017

L'éditorial du Dr Bellarmin MOUTSINGA

L'éditorial du Dr Bellarmin MOUTSINGA

On ne l'a pas assez dit: les Fils et les Filles de Dieu tiennent dans leurs mains l'avenir des nations. Le Psaumes 2: 8 dit "Demande-moi et je te donnerai des nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession". Il est aussi écrit que les cieux appartiennent à l'Eternel mais qu'il a donné la terre aux hommes (psaume 115: 16)

Cela signifie clairement que le Gabon n'appartient nullement aux forces des ténèbres qui répandent sur le pays, les crimes rituels, le cabossage systématique de l'Etat, le viol cognant de sa souveraineté, le pillage écrasant des ressources du pays, la déchéance homosexuelle, l'invocation ouverte des démons, la destruction piétinante de notre tissu scolaire et sanitaire, bref les foudres diaboliques du Mal et l'incurie galopante.

Les gabonais ont soif de justice et de vérité. Ils veulent avancer et progresser. Le pays leur appartient. Du fond de leurs coeurs, ils soupirent après leurs rêves de liberté et de dignité! Ils savent bien que Ali Bongo n'a jamais rien gagné au Gabon, ne gagnera jamais rien, que les pédégistes sont des voleurs compulsifs et des vindicatifs anti-nationaux qui s'accommodent de la destruction sauvage du pays et qui l'organisent avec leur maitre à penser, la France.

Il est malheureux de voir que certains, dans l'opposition, sous prétexte de pseudo-stratégie de prise de pouvoir ou de tactique politicienne famélique ont peur de dénoncer ouvertement la France, de le dire à haute et intelligible voix. Notre problème est moins le régime d'Ali Bongo que le pillage du pays par la France qui place à la tête de notre pays des médiocrités fusionnelles, des cancres rédhibitoires, des apparatchiks détrousseurs des biens de notre pays. Même l'UE aujourd'hui se méfie des obstructions que la France pourrait induire aux textes des sanctions qu'elle vient d'adopter. Quelle est cette France qu'on veut tellement ménager puisque c'est sur elle qu'il faut compter pour y arriver? De Valls à Ayrault, de Hollande à nos attentes, nous savons désormais à quoi nous en tenir: à l'ordre pérenne d'un redoutable système de la mêmeté. 

Oui, nous devons dire que la Gauche et la Droite françaises ont ensemble pilonné l'Afrique et mis le Gabon en coupe réglée, sans vergogne aucune, pendant des années, et ça les a toujours arrangés de conserver les Bongondimba au pouvoir, eux qui ont vendu leur âme au diable contre le Gabon, pour un enrichissement illicite, pour recevoir quelques prébendes élocutoires. Comment peut-on vendre ainsi la terre de ses ancêtres, la brader toute honte bue, comment, comment peut-on si profondément trahir les siens sans vergogne aucune ?

Dieu! un homme vaut par ses valeurs! comment un demi-siècle d'indépendance politique nous a-t-il conduit à autant de vilenie, de puanteur et de boue, dans un pays effaré où un frère doit coucher avec sa soeur pour avoir le pouvoir, où un homme doit coucher avec sa mère, qu'il a jadis tendrement appelée maman, pour un poste de ministre ou je ne sais quelle autre saleté disjonctive ? Aya! on est où, on est où là? Et c'est ça qui veut continuer de nous gouverner? Quel modèle lisent nos enfants à longueur de journée? Un homme doit coucher avec un autre homme pour quelques privilèges douteux et éphémères?

Une femme doit coucher avec une autre femme pour accéder à quelques strapontins. Ce n'est ni plus ni moins qu'apporter la malédiction dans le pays. Et c'est cette chose-là qu'on nomme malédiction que Accrombessi et sa bande de mystiques cruels ont amené dans le pays. Bon sang! ouvrez les yeux et regardez: où en est le pays pour s'en convaincre définitivement? Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir! et aujourd'hui, il s'est volatilisé dans la nature avec le trésor public du Gabon. Dieu du Ciel que j'invoque, poursuis Accrombessi, atteins-le et exerce tes jugements contre lui, pour tout le mal qu'il nous a fait si arrogamment.

En quoi nous devons d'abord récupérer notre pays spirituellement. Je prie ceux qui ne croient pas en Dieu de passer leur route. Je parle ici, prioritairement aux croyants, à ceux qui pensent que dire que Jésus-Christ est Seigneur n'est pas phrase vaine.

C'est Dieu qui établit les rois et c'est Dieu qui renverse les rois. Il est écrit que la prière fervente du juste a une grande efficacité! Dites amen bien! Oui, la prière du juste a une grande efficacité. Prions pour le Gabon, reprenons notre pays dans le combat à genoux en sa faveur, oui, alleluia, continuons de jeûner, même un jour par semaine pour notre pays, sans boire ni manger, en criant à Dieu notre misère, nos larmes et notre désarroi. Bousculons le Ciel et délogeons les ténèbres qui veulent nous mentir, frappons! Cognons! Comme dit le prophète Joèl, "de vos hoyaux, forgez des épées, et de vos serpes des lances! Que le faible dise: Je suis fort!" Alleluia! Les ténèbres ne règneront pas à toujours dans notre pays.

Les Gabonais ne seront pas toujours maltraités, tyrannisés, terrorisés. Ils sont chez eux, oh! Il est possible d'inverser cette tendance démoniaque à la tyrannie et la maltraitance du peuple par un travail silencieux, patient, persévérant dans la prière et dans le jeûne. C'est Georges Washington qui disait que la prière à Dieu au nom de Jésus-Christ est plus puissante qu'une décharge nucléaire! Et Marie Stuart II, reine d'Ecosse de dire: "Je ne crains nullement l'armée d'Angleterre comme je redoute les prières de John Knox". John Knox a libéré son pays, lui qui priait 15 heures par jour au point de dire à Dieu "Oh God, give me Scotland or I die!"

Chrétiens du Gabon, vous qui avez toujours cru en notre Seigneur Jésus-Christ malgré tout, si nous aimons notre pays, repartons à ce que nous croyons, filons vers Dieu, allons trahir (comme diraient les petits enfants) Ali Bongo chez Dieu, car c'est Dieu qui renverse les rois, comme il en établit. Il a fait trop de mal au pays et il plastronne à la tête du Gabon pendant que des criminels en col souillé se pavanent dans le pays sans être arrêtés et jugés, non! La justice existe, établissons-là par le travail de l'intercession continuelle. Que ceux qui sont baptisés dans le Saint-Esprit chauffent l'invisible et l'incendient par des prières en langues brutales et déterminées, jour après jour. Même si votre pasteur est un soudard du PDG, ignorez-le car certains d'entre ces soit-disant pasteurs ont pour dieu, leur ventre, et travaillez dans l'invisible. Que Dieu vous bénisse et vous élève pleinement.

Un dernier verset pour la route. Il est de l'apôtre Paul:
"Je fléchis mes genoux devant le Père, de qui toute famille dans le Ciel et sur la terre tire son nom". (Ephésiens 3: 14-15). Se mettre continuellement à genoux devant Dieu te donnera un nom, et donnera au Gabon un Nom et une respectabilité. On reviendra aux fondamentaux culturels et éthiques de ce que Dieu recommande de toute éternité à chaque être humain.
Je vous bénis au nom tout puissant de Jésus-Christ, devant lequel un jour toute âme humaine fléchira.

Dr Bellarmin MOUTSINGA

mardi 31 janvier 2017

L'Europe condamne les fraudes électorales du régime d'Ali Bongo au Gabon


Après la résolution du parlement de l'UE, il ne reste plus qu'aux pays européens, membres de l'Union européenne, de reconnaître Jean Ping comme Président  de la République gabonaise.
Voici la résolution du Parlement européen sur la crise de l’état de droit en République démocratique du Congo et au Gabon (2017/2510(RSP))   
B8-0126/2017
Le Parlement européen,
–  vu ses résolutions précédentes sur la République démocratique du Congo (RDC),
–  vu les communiqués de la délégation de l'Union européenne en République démocratique du Congo sur la situation des droits de l'homme dans le pays,
–  vu la déclaration de Federica Mogherini, vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, du 18 décembre 2016, sur le fait qu’il n’a pas été possible de parvenir à un accord en RDC,
–  vu la déclaration du 23 novembre 2016 du porte-parole de la VP/HR sur les efforts politiques déployés actuellement en RDC,
–  vu les conclusions du Conseil du 23 mai 2016 et du 17 octobre 2016 sur la RDC,
–  vu les déclarations locales de l’Union des 2 août 2016 et 24 août 2016 sur le processus électoral en RDC, effectuées dans la foulée du lancement du dialogue national en RDC,
–  vu les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la RDC, en particulier la résolution 2293 (2016) sur la reconduction du régime de sanctions contre la RDC et le mandat du groupe d'experts et la résolution 2277 (2016), qui a reconduit le mandat de la mission de stabilisation des Nations unies en RDC (MONUSCO),
–  vu les communiqués de presse du Conseil de sécurité des Nations unies des 15 juillet et 21 septembre 2016 sur la situation en RDC,
–  vu le rapport annuel du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, publié le 27 juillet 2015, sur la situation des droits de l'homme en RDC,
–  vu les rapports du Secrétaire général des Nations unies du 9 mars 2016 sur la mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC ainsi que sur la mise en œuvre de l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région,
–  vu les communiqués de presse communs des 16 février 2016 et 5 juin 2016 publiés par l'Union africaine, les Nations unies, l'Union européenne et l'Organisation internationale de la francophonie sur la nécessité d'un dialogue politique ouvert à tous en RDC et sur l'engagement de ces organisations à soutenir les acteurs congolais dans leurs efforts en vue de la consolidation de la démocratie dans le pays,
–  vu l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, signé en février 2013 à Addis-Abeba,
–  vu le rapport final de la mission d’observation électorale de l’Union européenne,
–  vu la déclaration conjointe du 24 septembre 2016 de la VP/HR Federica Mogherini et de Neven Mimica, membre de la Commission chargé de la coopération internationale et du développement, à la suite de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle du Gabon,
–  vu la déclaration du 11 septembre 2016 du porte-parole de la VP/HR sur le Gabon,
–  vu le communiqué de presse du 1er septembre 2016 de l’Union africaine condamnant les violences du conflit postélectoral au Gabon et appelant à une résolution pacifique de ce conflit,
–  vu le rapport annuel de l'Union européenne sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde en 2015, adopté par le Conseil de l’Union européenne le 22 juin 2015,
–  vu le programme indicatif national 2014-2020 du 11e Fonds européen de développement, qui donne la priorité au renforcement de la démocratie, de la gouvernance et de l’état de droit,
–  vu la Constitution congolaise et la Constitution gabonaise,
–  vu la charte africaine des droits de l’homme et des peuples de juin 1981,
–  vu la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance,
–  vu l’accord de Cotonou,
–  vu l'article 123, paragraphe 2, de son règlement,
A.  considérant qu'un certain nombre de dirigeants politiques africains ont tenté de se maintenir indûment au pouvoir, en dépit des limites constitutionnelles, des processus électoraux menés ou des vives protestations populaires, plongeant ainsi leurs pays dans une longue période de crise et d’instabilité;
B.  considérant que, tout récemment, Ali Bongo, le président gabonais sortant, au pouvoir depuis la mort de son père, Omar Bongo, en 2009, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle de 2016; que les observateurs internationaux, et en particulier la mission d’observation électorale (MOE) de l’Union européenne, ont relevé d’évidentes anomalies dans la consolidation des résultats;
C.  considérant que Jean Ping, son principal adversaire, a immédiatement contesté ces résultats; qu’un recours pour irrégularité et recomptage a été déposé à la Cour constitutionnelle, qui a fini par confirmer les résultats; que, néanmoins, l’examen du recours n’a pas dissipé tous les doutes entourant les résultats de l’élection présidentielle;
D.  considérant qu’à la suite des résultats, des manifestations de rue ont éclaté à travers le pays et ont été violemment réprimées; que la crise postélectorale a entraîné une importante détérioration de la situation des droits de l’homme au Gabon, caractérisée par un accroissement des arrestations ciblées par les autorités et des violences parmi les civils, causant la mort d’un certain nombre de personnes;
E.  considérant que le président congolais Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, a retardé les élections et est resté au pouvoir au-delà de la fin de son mandat constitutionnel; que ceci a entraîné des tensions politiques, des troubles et des violences sans précédent dans tout le pays, causant la mort de nombreuses personnes;
F.  considérant qu’en conséquence, les responsables de la sécurité et du renseignement congolais s’en sont pris aux représentants de l’opposition et de la société civile qui s’opposent au pouvoir en place; que les groupes de défense des droits de l’homme font continuellement état de l’aggravation de la situation en ce qui concerne les droits de l’homme et la liberté d’expression et de réunion en RDC, comme le recours à une force excessive contre des manifestants pacifiques, les arrestations et détentions arbitraires et les procès répondant à des motivations politiques;
G.  considérant qu’en décembre 2016, on a assisté à une escalade de la violence après la date d’expiration du mandat du président Kabila, causant des dizaines de morts dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité;
H.  considérant que la situation est aggravée par la persistance et le renforcement de l'impunité en RDC;
I.  considérant que la liberté des médias en RDC et au Gabon s’est gravement détériorée et qu’elle est restreinte du fait que les journalistes font constamment l’objet de menaces et d’attaques; que des médias et des stations de radio ont été fermés par les autorités et qu'internet et les réseaux sociaux ont fait l'objet de restrictions;
J.  considérant que le fait que les élections présidentielles et législatives se déroulent dans ces pays dans la paix et la transparence et dans les délais aurait largement contribué à relever le défi du progrès démocratique et de l’alternance du pouvoir auquel la région d’Afrique centrale est confrontée;
K.  considérant que le programme indicatif national 2014-2020 du 11e Fonds européen de développement donne la priorité au renforcement de la démocratie, de la gouvernance et de l’état de droit; qu’aussi bien les partenaires européens qu’africains ont tout intérêt à ce que la démocratie continue de se développer et à ce qu’un système constitutionnel pleinement fonctionnel s’installe;
Gabon
1.  s'inquiète profondément de la crise politique au Gabon et des violences qui ont lieu entre manifestants et forces de sécurité à la suite de la proclamation des résultats préliminaires de l'élection présidentielle de 2016;
2.  condamne vivement toutes les violences perpétrées, les violations des droits de l’homme, les arrestations arbitraires et les détentions illégales, l’intimidation politique de la société civile et des membres de l’opposition ainsi que les violations de la liberté de la presse et de la liberté d’expression avant et après les élections présidentielles; demande la libération de tous les prisonniers politiques;
3.  demande instamment aux autorités gabonaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir en toutes circonstances le respect de la démocratie, de l’état de droit, de la bonne gouvernance et des principes des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression et la liberté de la presse, dans le respect des obligations internationales du Gabon;
4.  invite tous les acteurs politiques ainsi que les autorités judiciaires actuellement engagés dans le contentieux postélectoral à faire preuve de responsabilité et de retenue, et notamment à s’abstenir de toute incitation à la violence;
5.  regrette que le processus de recours ayant attribué la victoire à Ali Bongo se soit déroulé d’une manière opaque, et que les irrégularités constatées dans certaines provinces n’aient pas été suffisamment prises en compte par la Cour constitutionnelle, et notamment dans le Haut-Ogooué, fief d’Ali Bongo;
6.  considère que les résultats officiels de l’élection présidentielle manquent de transparence et sont extrêmement douteux, ce qui a pour effet de remettre en cause la légitimité du président Bongo; regrette que la classe dirigeante du Gabon ait manqué l’occasion offerte par l’élection présidentielle de montrer à la communauté internationale qu'elle est en mesure d'organiser une élection ouverte et équitable et de faire preuve de la plus grande responsabilité dans tout le processus électoral;
7.  demande, dès lors, que le recomptage des voix ne soit pas simplement porté devant la Cour constitutionnelle, mais également devant l’Union africaine et les Nations unies; demande le lancement de la mission postélectorale de l’Union africaine, initialement prévue en septembre 2016;
8.  déplore profondément le fait que, contrairement au protocole d’accord signé avec le gouvernement gabonais, la MOE de l’UE n’ait eu qu’un accès limité aux étapes de centralisation des résultats au niveau des commissions électorales locales (CEL) et au siège de la commission électorale nationale (CENAP) à Libreville, et par la suite au processus de recours constitutionnel, et que la MOE de l’UE ait ainsi été empêchée de vérifier la légitimité du processus électoral présidentiel;
9.  dénonce fermement les manœuvres d’intimidation et les menaces dont les membres de la MOE de l’UE ont été victimes, ainsi que les mises en cause des principes de neutralité et de transparence de la MOE, et demande instamment aux autorités du Gabon de pleinement mettre en œuvre et respecter les recommandations figurant dans le rapport final de la MOE de l'UE;
10.  rappelle qu’une opposition libre est indispensable à tout système démocratique et à la tenue d’élections équitables; demande aux autorités gabonaises de promouvoir et de faciliter un environnement politique participatif et pluripartite;
11.  prend acte du lancement d’un dialogue national, tel que proposé par Ali Bongo, le 14 novembre 2016; rappelle cependant que la principale figure de l’opposition, Jean Ping, refuse d’y participer et souhaite lancer son propre dialogue national; émet par conséquent des réserves quant à la crédibilité et à la pertinence de tels processus, et insiste sur la nécessité et l’urgence d’une concertation ouverte et transparente pour mettre fin à la crise postélectorale;
12.  invite instamment le gouvernement du Gabon à procéder à une réforme approfondie et rapide de la procédure électorale afin de l’améliorer et de la rendre totalement transparente et crédible; souligne que les autorités gabonaises doivent garantir une coopération pleine et loyale avec tous les acteurs nationaux et internationaux pertinents afin de veiller à ce que les prochaines élections législatives soient totalement transparentes et équitables et se déroulent dans un environnement libre, démocratique, ouvert à tous et pacifique;
13.  demande une enquête indépendante et objective sur les violences électorales et les allégations de violations graves des droits de l'homme et des libertés fondamentales et souligne la nécessité de veiller à ce que tous les responsables soient traduits en justice; invite, en outre, l’Union européenne, en collaboration avec les Nations unies et l’Union africaine, à continuer de suivre de près la situation générale au Gabon et à signaler tous les cas de violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales; note l’ouverture, à la demande des autorités gabonaises, d’une enquête préliminaire près la Cour pénale internationale (CPI) sur les violences postélectorales;
14.  invite le Conseil à envisager d’imposer des sanctions ciblées aux responsables des violences post-électorales, des abus des droits de l’homme et du sabotage du processus démocratique dans le pays;
République démocratique du Congo
15.  déplore le fait que le gouvernement du Congo ne soit pas parvenu à organiser les élections présidentielles dans les délais constitutionnels; demande une nouvelle fois que soient garantis le bon déroulement des élections et leur tenue dans les délais prévus, en respectant pleinement la Constitution congolaise et la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, et insiste sur la responsabilité qui incombe au gouvernement congolais d’instaurer dans les plus brefs délais des conditions propices à la tenue d’élections transparentes, crédibles et ouvertes à tous;
16.  invite instamment l’ensemble des acteurs politiques à prendre part à un dialogue pacifique et constructif, afin d’éviter que la crise politique actuelle ne s’aggrave, et à s’abstenir de tout nouvel acte de violence ou de toute provocation;
17.  se félicite des efforts déployés par la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) en vue de forger un consensus plus large sur une transition politique; prend acte de l’accord conclu fin décembre 2016 refusant d’accorder un troisième mandat au président Kabila et demandant que l’élection ait lieu avant la fin de 2017;
18.  se dit une nouvelle fois profondément préoccupé par la détérioration de la situation des droits de l’homme, par le fait que l’espace politique en RDC continue de se restreindre, et par les actes d’intimidation auxquels sont confrontés les défenseurs des droits de l’homme, les opposants politiques et les journalistes; condamne toute répression brutale des manifestants pacifiques;
19.  insiste sur le devoir du gouvernement de respecter, protéger et promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales de ses citoyens; rappelle que les libertés d’expression, d’association et de réunion constituent les fondements d’une vie politique et démocratique dynamique, et souligne que tout recours à la force lors de manifestations pacifiques devrait être interdit;
20.  appelle instamment de ses vœux une enquête complète, approfondie et transparente sur les violations des droits de l’homme qui auraient été commises lors des manifestations afin d’identifier les responsables et de leur demander des comptes;
21.  se félicite de l’adoption de sanctions ciblées de l’UE, notamment des interdictions de voyage et du gel des avoirs, contre les personnes responsables des violences et de la mise en cause du processus démocratique en RDC; demande au Conseil d'envisager l'extension de ces mesures restrictives en cas de nouvelles violences;
22.  demande à la délégation de l’Union européenne de continuer à suivre de près l’évolution de la situation en RDC;
23.  souligne que la situation au Gabon et en RDC présente une grave menace pour la stabilité de la région d’Afrique centrale dans son ensemble; réaffirme son soutien à l’Union africaine dans son rôle primordial de prévention d’une crise politique dans la région et de toute nouvelle déstabilisation de la région des Grands Lacs;
24.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la vice-présidente de la Commission européenne/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, à l'Union africaine, au Président, au premier ministre et au parlement de la République démocratique du Congo et du Gabon, au Secrétaire général des Nations unies, au Conseil des droits de l'homme des Nations unies ainsi qu'à l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE.