jeudi 26 mai 2016

Les crimes rituels au Gabon, une publication du site Info241 qui force notre admiration

L’écrivain Jocksy Ondo Louemba, auteur de Something is wrong, pointe dans cette analyse l’épineuse question des crimes rituels dont les autorités gabonaises, accusées à tort ou à raison de connivence, ne parviennent pas à stopper cette inhumanité qui perdure déjà depuis plusieurs décennies dans le pays. Retour chronologique sur cet "holocauste" qui décime de leurs organes, les plus pauvres, pour servir le pouvoir "mystique" des plus huppés, aveuglés par la hantise du "pouvoir".

Depuis plus de trente ans, le Gabon connait un phénomène macabre : les crimes rituels. Des personnes sont assassinées avec une cruauté inouïe et leur organes prélevés pour assurer à leurs commanditaires pouvoir et richesse. Maintes fois dénoncée, la course aux « organes du pouvoir » s’emballe. Le cas de la récente disparition de 8 personnes en un mois dans la ville de Fougamou qui a mis cette paisible bourgade en émoi, est la preuve que le massacre, l’holocauste continue.
Les « crimes rituels » sont étroitement liées à une croyance : celle que si l’on assassine avec actes de barbarie une personne en lui prélevant des organes, ceux-ci apporteront à celui qui les possède pouvoir, richesse, charisme… Au Gabon, certainement plus qu’ailleurs en Afrique, cette croyance est largement répandue et connait un succès qui loin de rebuter, attire de plus en plus tous ceux qui aspirent à obtenir la corne d’abondance et le pouvoir sur ses semblables.
Une pratique étrangère aux coutumes du pays

Les sacrifices humains sont pratiqués par de nombreuses civilisations depuis l’antiquité. Les sacrifices humains étaient pratiqués entre autres par les civilisations mésoaméricaines qui pratiquaient la cardiectomie.
En Afrique, il est recensé des civilisations où le meurtre rituel était pratiqué notamment en Afrique de l’Ouest où des personnes étaient mis à mort offertes à des divinités à des fins diverses. Toutefois, chez les peuples qui composent l’actuel Gabon, les croyances plaçaient la vie humaine au-dessus de tout. Pour ces peuples de savanes mais surtout de foret, la préservation de la vie humaine, mais aussi de la faune et de la flore -comme qui dirait aujourd’hui de l’éco système – était un principe sacré avec lequel on ne transigeait pas.
Une pratique récente, qui a su gagner en puissance et en cruauté
Les premiers cas de crimes rituels sont murmurés au Gabon dans les années 70, à cette époque le pouvoir totalitaire (il n’est pas non plus question de comparer Omar Bongo à Hitler…) qui enserrait dans ses serres la petite population gabonaise interdisait toute contestation. C’est donc en toute discrétion que les parents de victimes enterraient leurs morts, craignant s’ils osaient demander justice d’être mis en prison ou pire subir le sort de leurs disparus.
Le premier à parler des sacrifices humains au Gabon est Pierre Péan dans Affaires Africaines, publié en 1983. Il raconte l’histoire très connue au Gabon de cette dame appelée « Vovo », secrétaire d’un très haut dignitaire du Parti Unique au Gabon ( PDG), très proche du « grand camarade » qui aurait été interpellée avec la tête d’un enfant dans sa voiture…
Le même Pierre Péan, rapporte que pour empêcher la victoire de François Mitterrand en 1981 à l’élection présidentielle en France (on craignait alors que l’arrivée des socialistes à l’Elysée mette fin au pouvoir du parti unique et de son président fondateur), un homme a été sacrifié. Cet homme a été assassiné pour rien.
En 1988, coup de tonnerre. Le Gabon découvre avec effroi et stupeur un professionnel des crimes rituels, Mba Ntem qui vient d’assassiner de la manière la plus effroyable qu’il soit (prélèvement d’organes, actes de cannibalisme, section de la main droite…) un professeur d’anglais de 36 ans au cours d’une cérémonie à laquelle a pris part de nombreux adeptes dont certains seraient de haut dignitaires.
Arrêté grâce à la détermination de la famille de sa dernière victime, Mba Ntem déclarera lui-même avoir déjà mangé six personnes. Toutefois, des indices et des témoignages concordants tendent à prouver que ce chiffre est largement en deçà de la réalité. De plus, bien que cela ne soit jamais été évoqué, « le boucher d’Owendo » n’a jamais dit à qui était destiné les organes qu’il prélevait au cours de ses sanglantes cérémonies. La main droite de sa dernière victime n’a par exemple jamais été retrouvée et il n’a jamais révélé à qui nommément elle avait été destinée.
La mise au grand jour de cette sombre affaire, n’a pas stoppée les crimes rituels au Gabon, au contraire ! Au cours de la décennie 90, il était fréquent de retrouver sur les plages de Libreville (et ailleurs) des corps atrocement mutilés dont il manquait toujours les mêmes parties précieuses : le cœur, la langue, le sexe…
Enfant, j’ai moi-même grandit dans cette peur effroyable de « la voiture noire » du nom de ces voitures qui enlevaient les enfants à la sortie des écoles. Enfants que l’on retrouvaient souvent quelques jours après, morts, vidés de leur sang avec des organes en moins.
Avec le développement des nouvelles technologies depuis les années 2000, les cas de crimes rituels sont de plus en plus signalés. Parfois grâce à la ténacité des forces de sécurité, de vrais « camps de dépeçages » sont découverts. Ces camps où convergent les victimes enlevés à divers endroits et où elles sont sauvagement assassinées et bien entendu « soulagées » de leurs organes qu’on appelle dans le jargon « les pièces détachées ».
Sang, pouvoir et richesse
Pourquoi massacre-t-on depuis si longtemps des personnes au Gabon ? Selon Jean Elvis Ebang Ondo, (dont le fils a été sauvagement assassiné au cours d’un crime rituel) président de l’Association de Lutte Contre les crimes Rituels (ALCR) : « Au Gabon (…), l’accession aux postes politiques et la préservation du pouvoir nécessitent, selon une conception bien évidemment fausse, le sang et les sacrifices humains ».
Au Gabon, si les coupables de crimes rituels sont parfois arrêtés, hormis un sénateur désigné comme tel, on n’a jamais désigné et arrêté de commanditaires de crimes rituels même lorsqu’ils nommément désignés par les « dépeceurs ». Pourquoi ? Qui les protège ? Qui a le pouvoir d’étouffer les affaires ?
Pointé du doigt, le gouvernement a réagi en promettant la prison à vie à tous les personnes reconnues par la Justice comme auteurs de crimes rituels. Seulement, depuis aucune cour ne s’y est employée. Pour l’heure, l’holocauste continue. Des gabonais continuent à être sacrifiés à la déesse de la cupidité et de la cruauté.
Récemment à Fougamou, huit personnes ont été sauvagement assassinés et leurs organes prélevés. Les présumés assassins de ces huit personnes ont été arrêtés. Parmi ces huit personnes assassinés, parce qu’elles existaient, se trouvait Ety, il était en classe de 1ere S au lycée Léon Mboumba, il avait 19 ans.
*Auteur de Something is wrong Sarkozy, Gbagbo, Lumumba, Congo, Israël, Démocratie, Immigration…(en cours de réédition).


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lundi 21 mars 2016

Recrudescence des crimes rituels au Gabon

Au Gabon,  à quelques mois des échéances électorales, les crimes rituels sont de plus en plus récurrents et impliquent directement le sommet de l’Etat.

Le conseiller spécial d'Ali Bongo Ondimba, Alfred Edmond Nziengui Madoungou est directement impliqué. Protégé par Ali Bongo et son directeur de cabinet Maixant Accrombessi, il se repend d'une immunité et donc d'une impunité du fait qu'il n'est que l'exécutant des basses oeuvres de ses chefs.

Les assassins sous ses ordres amputent à vif leurs victimes des organes notamment le sexe, le cœur, les reins, le foie, la langue ou les vident de leur sang.
Cette pratique horrible n'est pas certe née avec le régime Bongo Ondimba Ali, mais depuis 7 ans qu'il est au pouvoir, elle s'est accélérée et a atteint des proportions jamais égalées dans l'histoire du Gabon.

Les ONG, qui luttent contre ce fléau de crimes rituels estiment, toutes proportions gardées, en tenant compte des disparitions inexpliquées, des morts maquillées, des corps mutilés retrouvés, à plus d'une centaine de victimes par mois dans l'ensemble du pays.

Les enquêtes n’ont jamais abouti et les principaux commanditaires, pourtant identifiés et trahis par leurs exécutants courent toujours et sont tapis paisiblement à la présidence de la République devenue un lieu de perdition et de pratiques occultes.

Depuis qu'Ali Bonfo s'est installé au pouvoir avec son gourou béninois de la secte vodou, les pratiques de sorcellerie et les crimes rituels s’exercent au plus haut sommet de l’Etat.

La multiplication de sectes ésotériques à la présidence de la République et dans les cercles de pouvoir est encouragée par le duo diabolique Ali Bongo - Accrombessi. Lesquelles sectes ont des pratiques assez diverses de sorcellerie qui vont des meurtres rituels aux trafics d’organes humains.

L’idée étant que le fait de manger certains organes, permet de capter la puissance invisible du démon Vodoum, de se l’approprier et ensuite de se servir de cette puissance pour contrer ses ennemis; tout cela dans la lutte pour le contrôle et la conservation du pouvoir.

Cette croyance aberrante est très présente chez les adeptes de l'émergence et se manifeste par des disparitions inexpliquées ; des cadavres qu’on retrouve démembrés avec des organes qui manquent. C’est un moyen pour des hauts responsables du régime Ali BONGO pour garder ou essayer de garder un poste au sein de l’administration.

La mort mystérieuse de nombreuses personnalités gabonaises est encore aujourd’hui imputée à ce duo infernal. Quelques temps après la mort du «Père» Omar Bongo Ondimba des rumeurs ont fait état de la convoitise et de marchandage des parties de son corps pour asseoir le pouvoir du «fils».

De même, Ali Bongo qui a assassiné Joseph Redjambe,  Georges Rawiri, Pierre Mamboundou, Mba Obame et beaucoup d'autres gabonais pour acceder au pouvoir, a tout fait pour pouvoir disposer des corps de ses victimes aux fins des pratiques occultes. Toutes les preuves, tous les faits pour dire qui a assassiné qui existent, mais le pouvoir bloque toute action judiciaire.

Au Gabon, pour avoir un poste de responsabilité, accéder au pouvoir social et devenir riche, la voie connue de tous est celle des cercles mystico-magiques ou l'intronisation consiste à l'introduction: la pratique de la sodomie.

Cette introduction est suivie de la sorcellerie et des pratiques mystiques au plus haut niveau de l’Etat : selon des adeptes, boire tout frais du sang humain, pratiquer comme rituel de purification et d’allégeance l’homosexualité, engager en astral des combats nocturnes épiques et suicidaires sur des «avions-tapis volants», déguster de la chair humaine faisandée à l’étouffée, livrer en sacrifice à la confrérie et, tour à tour, le plus aimé de ses proches, organiser des messes vodou, très noires en couleur, pour défier le Dieu tout puissant entouré de sa cohorte de saints, pactiser avec Lucifer, le diable et les démons, forniquer avec des cadavres et des animaux, constituent les pratiques en cours dans ces sectes.

C'est la réalité qui fonde la pratique des crimes rituels. Pour y mettre fin il faut éradiquer la cause: l'impunité et l'imposture au sommet de l'État dont la plus tangible vérité est la présence de ce couple diabolique à la présidence de la République.


Alfred Edmond Nziengui Madoungou,
conseiller spécial Crimes rituels
de Bongo Ondimba Ali


L'assassin se repend'une immunité reposant sur le soutien
 de ses chefs Ali Bongo et Accrombessi


Ici un corps mutilé vide de son sang
de son coeur et d'autres organes


Ici un exécutant avec le produit de son travail


Une victime tuee et sodomisée post mortem


Une victime sujette à des rapports sexuels post mortem


Les animaux sont également au nombre des sacrifices




Leq rapports sexuels avec des animaux

jeudi 10 mars 2016

Rapport sur les tueries de Port-Gentil en 2009 par Ali Bongo


Au terme d'une mission sur le terrain du 18 au 21 septembre, conduite par le professeur Pierre André Kombila Koumbe, le Front de refus du coup de force électoral a présenté le 24 septembre son rapport sur les émeutes post électorales qui avaient éclaté à Port-Gentil du 3 au 6 septembre dernier. Alors que les autorités continuent de brandir un bilan officiel de 3 morts accidentelles, le rapport de l'opposition fait état de plusieurs dizaines de morts tombés sous les balles des forces de l'ordre, ainsi que de nombreuses exactions et menaces sur la population de la cité pétrolière.
RAPPORT DE LA MISSION D'INFORMATION (Port Gentil, les 18, 19, 20 et 21 septembre 2009)
Le 17 septembre 2009, le Collectif des candidats à l'élection présidentielle du 30 Août 2009 a commis une mission d'information chargée de recueillir des témoignages dignes de foi sur les évènements survenus à Port-Gentil depuis le 3 septembre 2009.
La mission d'information conduite par Monsieur le professeur Pierre André KOMBILA KOUMBE, président du RNB, comprenait également les personnalités suivantes :
Monsieur le professeur Joseph JOHN-NAMBO de l'Université Omar BONGO;  L'honorable Daniel KOMBE LEKAMBO, député à l'Assemblée Nationale ;  Monsieur Jean Blaise MOUSSAVOU MAGANGA, ancien Maire.
Rendus sur place dès le 18 septembre, quatre (4) jours durant, les membres de la mission ont rencontré les familles des victimes décédées, des victimes d'exactions et quelques témoins qui ont accepté de parler, nonobstant un climat de peur et d'omerta constaté sur place à Port-Gentil, climat entretenu par les forces de Défense et de Sécurité.
Le présent rapport s'articule autour de trois centres d'intérêt principaux :
1- les tueries :  2- Les exactions ;  3- Les destructions de biens.

En guise de conclusion, nous tenterons de rapporter le sentiment général qui se dégage dans la population de Port-Gentil.
Nous présentons cas par cas les faits illustrant chaque centre d'intérêt.
1- Les tueries.
Cas 1 : Monsieur Aimé MBADINGA, la trentaine environ, fils de feu BOULINGUI Patrice, ancien fonctionnaire et notable de Tchibanga ; profession chauffeur, tué vendredi 4 septembre au quartier Balise par des militaires circulant en voiture dans le sens quartier chic-Balise, vers 18 heures 30.
Certains militaires portaient une cagoule et d'autres un béret noir. Le corps récupéré par la famille a été transféré à Tchibanga le vendredi Il septembre pour inhumation. Ce témoignage a été obtenu de la part de M.A., membre de la famille du défunt.
Cas 2 : Monsieur Thierry NDONGO MOMBO, âgé de 18 ans, fils de Monsieur Urbain NDONGO a reçu une balle qui lui a transpercé le thorax, (telle que l'indiquent les photos et le certificat de décès versés au rapport) dans la nuit du 4 au 5 septembre sur la route de Ntchèngué face à l'école de feu de Total Gabon, au lieu-dit PG 1 alors que l'intéressé se trouvait au bord de la route en compagnie d'autres jeunes gens. Un de ses compagnons, à l'aide d'une brouette, a tenté de le conduire au Centre Hospitalier Régional de Ntchèngué situé à quelques centaines de mètres où il rendra l'âme quelques heures plus tard. Les parents alertés, ont du mal à obtenir une place à la morgue de l'hôpital, l'employé préposé à cette tâche, leur déclare: «je n'ai plus assez de place ; en ville (morgue de l'ancien hôpital central) c'est plein, ici j'en ai déjà 16 et celui-ci, où dois-je le mettre ?». Néanmoins, après de longues tractations, cet employé accepte finalement de prendre ce dix-septième corps.
La famille de feu MOMBO NDONGO a fourni les photos montrant l'impacte de la balle, le certificat de décès ainsi que la copie de la plainte introduite par elle au tribunal de Port Gentil.
Cas 3 : Monsieur Jean Marie BILONGHA, la trentaine environ, sans emploi, habitant le quartier Bac Aviation, abattu par les tirs de militaires circulant à vive allure dans le quartier.
 Cas 4 : Mademoiselle Ursule KOUMBA, seize (16) ans, tuée par balle au passage d'un véhicule rempli de militaires.
Cas 5 : Monsieur Christian ONANGA, sourd muet, tué le vendredi 4 septembre vers 19 heures, par une balle de militaire circulant à vive allure au quartier mini prix, alors qu'il traversait la chaussée. Il a été inhumé par sa famille, le samedi 18 septembre dernier.
Cas 6 : Monsieur Martial OWANE, 26 ans reçoit des balles tirées par deux hommes armés en civil, le 21 septembre vers 17 heures à l'entrée de la Laverie Moderne au quartier Sud. Son décès sera constaté à 19 heures au CHR de Ntchèngué. Le procureur de la République à Port Gentil fait courir le bruit de la légitime défense face à un évadé de prison qui aurait agressé le policier. Ce qui est faux.
Monsieur Martial OWANE avait purgé sa peine et avait été libéré au mois de juin 2009. Lorsque le 21 septembre 2009, il est interpellé, reconnaissant le policier qui l'avait fait incarcéré précédemment, il tente de fuir, c'est alors que le policier K. de la Police Judiciaire lui tire trois balles dans le dos (information : Y., parent du défunt). Il nous est revenu que le fameux K., avec ce dernier tué, totalise 8 victimes.
La famille de OWANE, conduite par sa mère s'est rendue le mardi 22 septembre vers 18 heures pour exiger qu'on lui permette d'inhumer elle-même le corps de son enfant que la P.J. voudrait enterrer clandestinement.

Outre ces cas clairement identifiés, des sources dignes de foi et le témoignage du responsable du cimetière de Ntchèngué évoquent le nombre probable de 57 décès. Il faut ajouter à ces morts ceux «largués» par hélicoptère et ceux embarqués dans les pirogues et ramenés dans les villages par peur des représailles brandies par les PDGistes. La difficulté de les recenser vient du fait qu'un climat de terreur règne à Port Gentil autour de ces morts. Des menaces de mort ont été proférées sur quiconque donnerait des informations au sujet des personnes mortes des suites des fusillades des journées d'émeutes.
Pourtant des endroits bien précis semblent propices pour cette expertise indispensable : les morgues du Centre Hospitalier Régional de Ntchèngué et celle de l'ancien hôpital central, gérées respectivement par les sociétés des pompes funèbres CASEPGA et GABOSEP. Mais dans l'une et l'autre c'est motus et bouche cousue.
La morgue du CHR de Ntchèngué est l'établissement où semble être passé le plus grand nombre de corps. Mais il nous est revenu que le directeur régional de Santé, Madame SEFOU, a menacé de licenciement les médecins ou tout personnel qui livrerait des informations; notamment concernant le nombre de morts liés aux évènements. Elle a également retiré certificats médicaux, déclarations de décès ainsi que les dossiers médicaux de ces morts.
A CASEPGA, une source sûre a indiqué que 18 corps de personnes tuées par balles ont séjourné dans cet établissement entre le 4 et le 7 septembre 2009, date à laquelle interdiction leur a été notifiée de recevoir ces corps.
2- Les exactions
Les forces de Défense et de Sécurité venues à Port Gentil semblaient avoir comme mission d'humilier, de brutaliser pour casser le moral de ces populations. Plusieurs types d'exactions et d'actes d'humiliations sont commis sur les habitants de Port Gentil.
On moleste les passants inoffensifs sur la voie publique, on n 'hésite pas à pénétrer dans les habitations pour perpétrer les mêmes actes, plusieurs personnes sont frappées à coup de poings, de crosses de fusil voire perforées par les baïonnettes fixées au bout des canons des armes des militaires .
On fait faire des pompes, on fait se déplacer à genoux, on fait danser, on fait chanter dans des langues parfois inconnues au Gabon ; on fait s'embrasser des frères et des surs quand on ne leur demande pas de s'accoupler, on viole en groupe (12 policiers violent 6 filles, le 16 septembre et 4 policiers violent une jeune femme qui avait un bébé, provoquant des délabrements génitaux). Une dame portant une grossesse à terme se rendant à l'hôpital pour accoucher a été contrainte de voir son bébé sortir devant les militaires malgré ses supplications. Outre ces témoignages donnés par des habitants de Port Gentil ayant requis l'anonymat, les cas suivants nous ont été relatés par les intéressés ou certains membres de leur entourage.
Cas 1 : Henri MBONGO, la cinquantaine environ, père de famille nombreuse, a été sauvagement battu, humilié, mis à genou par des militaires, le vendredi 4 septembre au carrefour Nguadi, vers 17 heures alors qu'il traversait la chaussée pour rejoindre son domicile situé à une quarantaine de mètres de là. Une dame qui tentait de traverser la route au même moment a subit les mêmes exactions. On leur a intimé l' ordre de chanter et de clamer haut et fort, «Ali 9 président!» Monsieur MBONGO s'en est sorti avec des hématomes aux jambes et au dos, tandis que la dame, traumatisée a tout fait sur elle. Tout cela devant une foule effarée.
Cas 2 : Christiane JOCKTANE, mère de famille, 55 ans environ, ancienne employée de banque a été sauvagement battue par les militaires, le 6 septembre, sous les yeux de ses enfants et de nombreuses personnes qui, comme elle, faisaient la queue en vue d'acheter du pain à la boulangerie SMAG, en face de la «Gendarmerie de l'Océan» ; sous le prétexte, selon les militaires, que le pain était réservé à l'armée et au motif que les enfants des Port-Gentillais ont été à l'origine des casses provoquant la pénurie. Elle a reçu de multiples coups de matraques et chaussures au visage, au bassin et sur le dos qui l'ont immobilisé pendant plus d'une semaine. Elle a fourni un certificat médical et des photos à l'appui de sa déclaration.
Cas 3 : Philippe ISSANI, agent municipal, la quarantaine, a été sorti manu militari, alors qu'il était hospitalisé, sous perfusion, à Paul IGAMBA et amené à la base de la Marine où il est jusqu'à ce jour détenu, sans que sa famille ne puisse le voir. Est-il encore en vie?
Cas 4 : Locin MONDOUNGUA, jeune homme d'une vingtaine d'année a été embarqué de force au tournant de Salsa par un policier qui l'a conduit au Commissariat du château alors qu'il traversait la chaussée pour rentrer à son domicile situé à une vingtaine de mètres de là. On lui a demandé de faire des pompes avant d'être relâché.
Cas 5 : Les travailleurs de la Société Morel et Prom le samedi 19 septembre, alors que le couvre feu est désormais fixé à 23 heures; aux environs de dix neuf, vingt heures, les travailleurs de cette compagnie pétrolière qui rentraient de leur lieu de travail sont pris à partie par une patrouille de militaires; ils sont copieusement tabassés au point que certains ont des fractures et d'autres perdent leurs dents; ils sont conduits à l'hôpital de Ntchèngué. Le directeur de cette société qui a pris les photos du triste spectacle a promis de porter plainte. Les militaires ayant volontairement bloqué l'accès de l'hôpital, nous n'avons pas pu y accéder.
Cas 6 : Philippe VOUETTE ; dans la matinée du samedi 18 septembre, il a été violenté par des militaires alors qu'il entrait dans son bureau de la société Schlumberger non loin du siège de Total Gabon. Il a été abandonné sur les lieux. C'est le témoignage d'une de ses relations qui a requis l'anonymat.
Cas 7 : Monsieur MOUITY MAGANGA, pâtissier à l'hôtel le Méridien ; le dimanche 6 septembre à 9 heures du matin, les militaires lui ont fait traverser la chaussée à genoux sans raison au carrefour ASECNA.
Cas 8 : Monsieur Jean Bernard MOUANAMBATSI, retraité; le jeudi 3 septembre à seize heures trente est molesté (vêtements déchirés) par les militaires alors qu'il recherchait son petit fils.
Cas 9 : Monsieur Théodore NGOUNGOU est sauvagement frappé au visage au carrefour ASECNA, alors qu'il cherchait à s'enquérir de la situation de son fils arrêté pour défaut de pièce d'identité. Ce dernier a fourni photo et certificat médical.
Cas 10 : Messieurs Martial MBOUMBA MOUNANGA et NZE ANGARA sont sortis manu militari de chez eux le 10 septembre vers 20 heures, embarqués et molestés avec des matraques et bâtons sertis de pointes, baladés dans la ville dans un camion militaire qui finira par les déposer couverts de blessures au dos et à la tête (voir photos) à la base de la marine vers une heure du matin.
Cas 11 : Monsieur Alain OBAME, 34 ans a été transporté et hospitalisé dans le service de chirurgie du CHR de Ntchèngué pour blessure par balle tirée par le gendarme Robert AVOUNGOU, commandant de brigade d'Omboué dans le département d'Etimboué.
Cas 12 : Monsieur MEMIAGHE, le 5 septembre à 22 heures à son domicile, a reçu 5 balles de petit calibre. Hospitalisé d'abord à la clinique Bilie (Dr IKOUAKOUA) pour les premiers soins, il a été transféré ensuite à 1 'hôpital de Ntchèngué.
Cas 13 : Un jeune garçon de seize (16) ans a reçu deux balles au poumon (Dr IGAMBONTCHINA).
Cas 14 : Famille Diawara ; Monsieur DIAWARA, son épouse, ses trois (3) filles et son locataire sont violemment molestés à leur domicile (vers carrefour ASECNA) par des militaires basés à l'aéroport. Monsieur DIAWARA est gravement blessé à jambe droite, son épouse et ses filles portent plusieurs ecchymoses. Le locataire a un traumatisme de la jambe et du pied droit (voir photos).
Cas 15 : Monsieur Guy Hervé MAVOUNGOU, 30 ans, a reçu deux balles aux jambes suite aux coups de feu tirés au quartier Sud (Laverie Moderne), le 21 septembre à 17 heures, au moment où on abattait Monsieur Martial AWANE. Les riverains pensent que ce sont des éléments de la Police Judiciaire qui ont perpétré cette exaction.
Cas 16 : Monsieur Serge Landry DOUMA MOUENGI était dans son domicile lorsqu'il est atteint de plusieurs balles au niveau de la jambe et de la main gauche, l'intéressé est actuellement hospitalisé au CHR de Ntchèngué.
Outre ces cas de tueries et d'exactions constatées, il y a lieu de mentionner que plus de 300 personnes avaient été arrêtées; à ce jour, un peu plus d'une quarantaine ont été présentés au tribunal de Port Gentil. On peut légitimement s'interroger sur la situation des nombreux autres dont on n'a jusqu'aujourd'hui aucune nouvelle. A moins qu'elles ne soient à classer parmi les disparus. Une enquête s'impose.
3- Destruction des biens
La mission a constaté que de nombreux magasins situés dans la zone du marché du Grand Village ont été détruits et incendiés. Certains témoins rencontrés indiquent que les militaires sont presque restés inactifs pendant les pillages;
Plusieurs d'entre eux se contentant de récupérer les biens pillés, de les embarquer dans les camions militaires pour les amener dans des directions inconnues.
En ce qui concerne l'immeuble Schlumberger de la concession Total qui a bel et bien été pillé par les manifestants, les riverains indiquent que bien après le pillage dans la journée, c'est dans la nuit, alors que le couvre feu était en vigueur, que l'incendie a pris dans le dernier étage de cet immeuble.
Quant au foyer Roger BUTTIN ; aucune manifestation n'avait été observée dans cette zone. C'est dans la nuit, alors que le couvre feu était en vigueur, que les riverains aperçoivent des flammes et de la fumée sur le toit de l'immeuble. D'aucuns sont même convaincus que c'est un projectile lancé à partir de la route qui a déclenché l'incendie de ce foyer.
Tous ces propos restent à éclaircir à partir d'une enquête approfondie qui permettra à terme de rétablir la vérité.
Il est à noter enfin que tous nos interlocuteurs restent choqués par les propos mensongers tenus par les plus hautes autorités de l'Etat et par quelques responsables politique de cette ville réunis à Port Gentil, à l'hôtel Mbandja, quelques jours après ces malheureux évènements. Propos qui, au lieu de prôner l'apaisement, se sont avérés constituer des appels à la haine et à la division tribale. Toutes choses qui constituent des véritables délits et qui tombent sous le coup de la loi.
Fait à Libreville, le 22 septembre 2009
Pr Pierre André KOMBILA KOUMBA ; Pr Josep JOHN-NAMBO ; Honorable KOMBE LEKAMBO ; Monsieur Jean Blaise MOUSSAVOU MAGANGA»
 Vendredi 25 Septembre 2009 Source Gaboneco

jeudi 18 février 2016


Jean de Dieu Moukagni Iwangou : « Ping ne fait plus partie de notre coalition. Je lui souhaite bon vent ! »


http://www.jeuneafrique.com/medias/2016/02/05/image173220-592x296-1455630011.jpg

Jean de Dieu Moukagni Iwangou © DR

En septembre, Jean de Dieu Moukagni Iwangou a fait les gros titres de la presse après un revirement dont seule la politique gabonaise a le secret.

Nommé ministre au sein du dernier gouvernement de Daniel Ona Ondo, le leader de l’Union du peuple gabonais (UPG) a finalement rejeté l’offre. Il lui a préféré son statut de membre signataire du Front uni de l’opposition pour l’alternance (Fuopa, qu’il a présidé d’avril à octobre 2015), regroupant 27 partis d’opposition et censé désigner un candidat unique à la présidentielle. Mais à quelques mois du scrutin, rien n’est moins sûr. Minée par la guerre des chefs, la plateforme se déchire autour de la candidature de Jean Ping et menace d’imploser. Jean de Dieu Moukagni Iwangou s’est lui-même prononcé contre la candidature de l’ancien président de la commission de l’Union africaine, qu’il qualifie d’« irrégulière ».

Jeune Afrique : Quelle est votre perception du Gabon à quelques mois de la présidentielle ?

Jean de Dieu Moukagni Iwangou : Le pays est plongé dans une situation de crise qui affecte les fondements de l’État de droit. Outre les problèmes de corruption, les libertés publiques sont confisquées. L’opposition n’a pas le droit de tenir des réunions publiques. L’autorisation de manifester ne nous est même jamais accordée. Nous ne pouvons pas parler aux Gabonais !

Quel bilan faites-vous du mandat d’Ali Bongo Ondimba ?

C’est un échec. Pour le comprendre, il suffit d’observer l’état d’avancement des projets censés incarner l’émergence. Sur le bord de mer de Libreville, le grand chantier du « Champ-Triomphal » est resté un gros tas de sable.

Jean Ping a déclaré avoir été investi par le Fuopa le 15 janvier, ce que vous et plusieurs cadres de la plateforme contestez. Le Front n’a jamais été aussi proche de l’implosion…

Il ne s’agit pas d’une implosion. Jean Ping s’exclut de lui-même du Front, puisque sa déclaration de candidature est irrégulière et totalement contraire aux dispositions de la plateforme. Je considère que nous suivons deux lignes différentes et que ce n’est plus tenable. Nous ne voulons pas d’un candidat du fait accompli et, à mon sens, Jean Ping ne fait plus partie du Front. Il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie. Je lui souhaite bon vent !

Il y aura bel et bien une primaire et celle-ci sera ouverte aux citoyens

Vous appelez à une primaire au sein du Fuopa. Sous quelle forme ?

Il y aura bel et bien une primaire et celle-ci sera ouverte aux citoyens. Les partis auront le temps de se réunir, au cours du mois de février, pour décider s’ils présenteront ou non un candidat. Ensuite, le Front se réunira à la fin du mois de mars lors d’une convention, qui devrait aboutir à une candidature unique.

Il semble pourtant peu probable que le Fuopa ne présente qu’un seul candidat, comme il l’avait promis. Y croyez-vous encore ?

Il peut y avoir des candidats dissidents, forcément minoritaires et isolés. J’espère tout de même que nous parviendrons à nous rassembler autour de la bonne candidature.

La vôtre ?

Il est encore trop tôt pour que je me prononce. Mon parti va se pencher sur la question. Mais, oui, ma candidature aux primaires est de plus en plus probable.

Lors de la formation du dernier gouvernement de Daniel Ona Ondo, en septembre 2015, votre nom figurait sur la liste des ministres. Avant que vous ne refusiez le poste sous la pression de votre parti, selon le gouvernement. Quelle est votre version des faits ?

La veille de la publication de la liste des ministres, le président a envoyé deux de ses collaborateurs pour m’informer que je figurais dans le nouveau gouvernement. J’ai répondu négativement. J’ai été convié à réitérer mon refus. Ce que j’ai fait face à Ali Bongo Ondimba : je lui ai dit « non », face à face. Son cabinet a essayé une dernière fois de me convaincre et m’a demandé de confirmer ma réponse. Je ne l’ai jamais fait, et ils ont choisi de publier la liste des ministres en l’état. J’ai donc ensuite répété mon refus lors d’une conférence de presse.

La médiatisation de mon refus a suscité une forte réaction, montrant qu’une troisième voie est possible

Sans pressions politiques de la part de votre parti ?

Il n’y a eu aucune pression. Il faut tout de même rappeler que j’avais refusé les sollicitations de Bongo père avant celles de son fils. Cependant, cette affaire a vraiment fait beaucoup de bruit et a soulevé un débat national. Jusque-là, il ne semblait y avoir que les candidatures d’Ali Bongo -et de Jean Ping, qui souhaitent tous deux s’affronter. D’un côté, Ali Bongo entend opposer à Jean Ping qu’il était membre des gouvernements de son père et qu’il est de ce fait comptable du passé. De l’autre, Jean Ping veut montrer au chef de l’État que le Gabon est une République et non une monarchie. Mais la médiatisation de mon refus a suscité une forte réaction, montrant qu’une troisième voie est possible…

Que vous espérez incarner lors de la présidentielle de 2016 ?

Pourquoi pas ? C’est possible.

jeudi 28 janvier 2016

Lu pour vous Gabon : Jean Ping face à ses contradictions

Lu pour vous
Gabon : Jean Ping face à ses contradictions

Candidat déclaré à l’élection présidentielle gabonaise, l’opposant Jean Ping est contesté au sein-même de son propre camp. Non seulement son lobbying contre le gouvernement d’Ali Bongo rencontre peu de soutien au Gabon, mais il semble l’avoir définitivement discrédité auprès de la France…

À l’approche de l’élection présidentielle qui doit se tenir avant le 30 août 2016, le Gabon s’apprête à vivre des mois mouvementés au rythme des débats entre le président Ali Bongo, candidat à un second mandat, et Jean Ping, annoncé comme candidat et désigné par le Front uni de l’opposition pour l’alternance le 15 janvier dernier. Alors que la procédure de désignation du candidat de la principale coalition de l’opposition devait être définie le 27 janvier, Pierre-André Kombila, président du Front, a dénoncé ce « coup de force » réalisé en l’absence de 10 des 14 membres fondateurs.
Nouveau venu dans l’opposition, Jean Ping divise déjà dans son propre camp, estimant de son côté avoir été désigné par 16 des 27 responsables du Front présents ce jour-là. « C’est moi le prochain président de la République gabonaise ! », a-t-il récemment clamé aux journalistes. À 73 ans, l’ancien doctorant en sciences économiques à la Sorbonne (Paris) affiche une carrière politique longue comme le bras, débutée en 1990 sous l’ère Omar Bongo, père de l’actuel président gabonais.

Une campagne parisienne pour fragiliser le gouvernement d’Ali Bongo

Après de brefs passages dans plusieurs ministères, Jean Ping a exercé la fonction de ministre des Affaires étrangères de 1999 à 2008, avec comme point culminant la présidence de la 59e Assemblée générale des Nations Unies entre 2004 et 2005. Il a ensuite présidé l’Union africaine à Addis-Abeba (Éthiopie) entre 2008 et 2012 avant de revenir au Gabon pour se lancer dans les affaires. S’il a créé, fin 2012, le cabinet d’affaires Ping & Ping Consulting avec ses deux fils, Jean Ping n’a pas pour autant abandonné la politique, et compte le faire savoir.

Il a ainsi effectué en octobre 2015 un séjour à Paris dans le but de rallier la France à sa cause politique. Lors de cette campagne diplomatique, Ping a dressé un tableau très sombre du Gabon, décrivant une situation « chaotique » aux pointures politiques françaises qui l’ont reçu : Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste ; Jean-Pierre Cantegrit, sénateur des Français de l’étranger ; Hélène Le Gal, conseillère Afrique du président François Hollande ; Jean-Christophe Belliard, à la tête de la Direction Afrique-Océan Indien au ministère des Affaires étrangères ; et Ibrahima Diawadoh, conseiller Afrique du premier ministre Manuel Valls. Problème, cette campagne a rencontré peu d’écho, comme le révèle Afrique confidentielle. Les interlocuteurs de Ping en France semblent en effet avoir été peu convaincus par son discours catastrophiste.

Ping soupçonné de servir les intérêts chinois
Faute de trouver une oreille attentive, l’adversaire déclaré d’Ali Bongo s’est avant tout discrédité lors cette offensive visant à diviser les gouvernements gabonais et français. Fort d’un large carnet d’adresses suite à ses divers mandats nationaux et continentaux, Jean Ping est même soupçonné de servir les intérêts de la Chine, avec qui son cabinet serait lié en affaires. Ping, cheval de Troie de la Chine en Afrique ? Une hypothèse qui, si elle était vérifiée, le discréditerait comme candidat à la présidence gabonaise, puisqu’il est en tant que tel censé chercher à représenter les intérêts du Gabon avant tout.

Né d’un père chinois et d’une mère gabonaise, l’ancien ministre suscite de nombreux doutes quant à ses intentions futures pour le Gabon. Qualifié de « sans emploi » et « sans projet politique » par Ali Bongo, Jean Ping ne semble guère inquiéter le président gabonais, dont il fut autrefois proche. La lutte fratricide annoncée pendant un temps pourrait donc tourner court, surtout si le Front uni de l’opposition pour l’alternance décide d’aligner un autre candidat à l’élection.
Sources:
http://www.ladiplomatie.fr/2016/01/28/gabon-jean-ping-face-a-ses-contradictions/
Publié le : Jeudi 28 janvier 2016 sur le site La Diplomatie.fr

dimanche 24 janvier 2016

Mboumba Nziengui Ministre et homme du régime BOA-PDG peut-il parler au nom de l'UPG?


Mboumba Nziengui ne connaît rien des statuts de l'Union du Peuple Gabonais. S'il avait un peu de jugeote il aurait compris que son poste de secrétaire exécutif ne lui donnait pas le pouvoir d'annuler les décisions d'une institution supérieure, la convention nationale qui a décidé de la tenue du 1er congrès de l'UPG en juin 2014. Cette première convention nationale de l'UPG avait été convoquée et présidée par Mboumba Nziengui lui-même comme les anciens statuts le prescrivaient.
 Par l'ensemble des délégations venues de toutes les provinces et de l'extérieur du pays, j'ai eu l'honneur d'être élu président du bureau du congrès aux fins de présider ce premier congrès de l'histoire de l'upg. Les travaux des commissions ainsi que les décisions se sont faites en toute transparence dans le respect strict de la démocratie. Mboumba Nziengui y a été régulièrement invité pour venir faire valoir son argumentation, offre qu'il a décliné au motif que la famille biologique de Mamboudou ne reconnaîtrait pas ce congrès. Cette dernière ne constituant pas une institution du parti on ne pouvait que rire de l'inanité d'une telle argumentation.
Les décisions de ce congrès sont légitimes et légales. Par conséquent elles s'imposent à tous, notamment aux militants de l'UPG et à ceux qui se réclament de son histoire et de l'héritage politique de Pierre Mamboundou.
La prétendue annulation de ce congrès relève d'une manipulation du pouvoir Bongo Ali, elle ne concerne pas le peuple de l'UPG pour qui elle est nulle et de nul effet.
 S'il y a quelqu'un qui n'a pas le droit de parler au nom de l'UPG c'est bien Mboumba Nziengui qui a trahi la mémoire de Pierre Mamboundou. De quel mandat populaire tire t-il sa légitimité ou sa légalité si ce n'est que le soutien qu'il a du pouvoir en place?

jeudi 21 janvier 2016

LA LETTRE A LA CPI DES ANCIENS CHEFS DETATS AFRICAINS EN FRANCAIS EXIGEANT LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Nous proposons ici la version traduite de la lettre en francais du Africa Forum exigeant la liberation du President Laurent Gbagbo.

27 août 2015

À l’Honorable Mme Fatou B. Bensouda,
Procureur,
International Criminal Court,
Maanweg, 174,
2516 AB, The Hague.
The Netherlands.

Honorable Mme Bensouda,

UN APPEL AFRICAIN URGENT!

LA Côte d’Ivoire ET L’AFRIQUE ONT BESOIN DE L’ANCIEN Président LAURENT KOUDOU GBAGBO POUR RÉALISER LA PAIX ET LA JUSTICE



1. En tant qu’Africains, nous tenons à ce que l’Afrique, notre Continent résolve ses problèmes aussi vite que possible, y compris l’ensemble des défis liésà la paix et à la justice dans les pays sortant d'un conflit.

 2. Cet appel urgent que nous vous adressons a trait à la situation en Côte d’Ivoire et notamment à son ancien Président, M. Laurent Gbagbo, qui, comme vous le savez, est présentement jugé à la Cour pénale internationale.

 3. Nous lançons cet appel parce que nous croyons fermement que la Côte d'Ivoire devrait continuer de croître et se développer pour le bonheur de tous ses citoyens, dans des conditions de paix, de démocratie, de l'état de droit, de la réconciliation et de l'unité nationales.

 4. Nous sommes absolument convaincus que le pays peut et doit atteindre ces objectifs et que M. Laurent Gbagbo peut et devrait faire une importante et exceptionnelle contrition à cet égard.

 5. Inutile de dire qu'il ne peut faire cette contribution dans une cellule de prison, quelque part dans le monde, mais plutôt en tant qu’un citoyen libre dans son propre pays.

6. Au regard de ce que nous avons dit et qui se rapporte au conflit non résolu en Côte d'Ivoire, nous disons que la détention et le procès de Laurent Gbagbo ont davantage aggravé les divisions et animosités entre les citoyens ivoiriens. Ce développement risque de faire basculer le pays dans la reprise de la guerre civile, mettant ainsi en danger la vie de centaines de milliers d’innocents.

7. Il y a donc un risque réel que s’il est reconnu coupable et condamné par la CPI, cela ne mette le feu aux poudres et entraine une conflagration destructrice que nous redoutons.

8. Madame le Procureur, il est particulièrement important qu'au regard de ce qui précède, il y ait une profonde reconnaissance du fait que les événements qui ont amené Laurent Gbagbo à la CPI ont été le résultat d'une lutte politique stratégique intense et historique sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, et que cette contestation perdure.

9. Par conséquent, vous comprendrez que nonobstant la bonne foi avec laquelle votre bureau s'est acquitté de ses fonctions juridiques officielles, une partie importante de la société ivoirienne, en particulier les partisans de Laurent Gbagbo, va considérer l'intervention de la CPI comme un prolongement de la politique de domination de l’autre camp - une manifestation de la " justice des vainqueurs”. Pourtant, la situation en Côte d'Ivoire exige et nécessite que le peuple ivoirien continue à aborder ses défis stratégiques par des moyens démocratiques et dans un cadre véritablement inclusif, tout en travaillant ensemble dans des conditions de paix.

10. La polarisation autour de la question de la poursuite contre Laurent Gbagbo est attisée par l'interprétation qu’on en fait en Côte d'Ivoire, ce qui est corroborée par les informations du domaine public, selon lesquelles les exactions ont été en fait commises des deux côtés lors du conflit.

Le contexte historique de la crise ivoirienne

11. Madame le Procureur, permettez-nous de justifier certains des commentaires susmentionnés en rappelant brièvement certains des développements politiques en Côte d'Ivoire pendant ces quinze (15) dernières années.

12. Comme vous le savez, avant que M. Laurent Gbagbo ne soit élu Président de la Côte d'Ivoire en 2000, ses prédécesseurs avaient introduit une philosophie qu'ils ont appelée ‘'ivoirité". Pour l’essentiel, l’objectif était de diviser la population ivoirienne en deux groupes. Pendant longtemps, la Côte d'Ivoire a attiré un grand nombre de migrants économiques dont la majorité venait du Burkina Faso. Le concept d'ivoirité affirmait que la population de la Côte d'Ivoire était divisée en deux parties - une partie étant constituée par les ivoiriens autochtones et la seconde par les migrants économiques dont nous avons parlé. La politique de l’ivoirité avait pour objectif d’introduire une discrimination en faveur des ivoiriens autochtones qui sont majoritairement chrétiens.

13. Il se trouve que les migrants économiques, essentiellement musulmans, constituaient la majorité de la population dans le nord du pays.

14. En raison des dispositions constitutionnelles fondées sur ce concept d’ivoirité, l'actuel Président de la Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, lui-même un musulman, a été exclu de la course pour le poste de président de la République parce que sa filiation fait de lui un Burkinabé et non un Ivoirien. Naturellement, cela a eu un impact négatif sur les migrants économiques musulmans venus en grande partie du Burkina Faso et qui résidaient dans la région nord de la Côte d'Ivoire. Il était donc évident que ceux-là supportent M. Ouattara.

15. M. Gbagbo a été élu Président de la Côte d’Ivoire en 2000. En 2002, alors qu’il était hors du pays pour une visite d'État, une rébellion armée éclata dans le pays. Bien qu’elle ait été contenue dans le sud du pays, les rebelles (les Forces nouvelles) prirent le contrôle du Nord, divisant ainsi le pays en deux. Dans ces conditions, la Côte d'Ivoire fut scindée en deux territoires, chacun ayant son propre gouvernement et sa propre armée.

16. Afin de mettre un terme à la guerre civile, les Nations Unies ont déployé une mission de maintien de la paix, appelé ONUCI. La France a déployé sa propre force de maintien de la paix indépendante.

17. Après celles tenues en 2000, les prochaines élections présidentielles devaient avoir lieu en 2005. Mais, en raison de la situation de guerre dans le pays, et ses conséquences, ces élections ont seulement eu lieu vers la fin de 2010.

18. Dans l'intervalle, les parties ivoiriennes avaient conclu divers accords visant à mettre fin à la guerre civile et à aider le pays à retourner à la normalité. Dans ce contexte, elles ont également convenu de tenir des élections présidentielles pacifiques, libres et régulières.

19. Fait d’une importance capitale à cet égard, en 2005, M. Gbagbo alors Président, pris la décision d’user des pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution ivoirienne pour permettre à M. Alassane Ouattara de participer à l'élection présidentielle de la République de Côte d'Ivoire.

20. C'est en raison de cette contribution décisive faite par M. Gbagbo qu’il est devenu possible pour les parties ivoiriennes, de signer de nouveau en 2005, un accord qui, entre autres :

20.1. officiellement, mettait un terme à la guerre sur toute l'étendue du territoire ivoirien ;

20.2. établissait les processus relatifs à la mise en œuvre du programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) des forces armées;

20.3. ramenait les Forces nouvelles dans le Gouvernement de transition ;

20.4. expliquait clairement les dispositions relatives à la structure et au fonctionnement de la Commission électorale indépendante;

20.5. Mettait en place un calendrier pour la tenue des élections présidentielles et législatives.

21. Afin de permettre à ces élections d’avoir lieu, les parties ont convenu qu’il était nécessaire entre autres de :

21.1. Réunifier le pays sous une seule autorité; et

21.2. D'intégrer les groupes armés dans une armée nationale (républicaine).

22. En 2005, les parties ivoiriennes ont demandé à l'Organisation des Nations Unies, par l'intermédiaire de son Secrétaire général, d’organiser l'élection présidentielle. L'ONU a rejeté cette demande aux motifs que la Côte d'Ivoire n'était pas un État en déliquescence et disposait d’institutions prévues par la Constitution pour organiser des élections. Cette situation était différente de celle du Timor oriental où l'ONU a organisé les premières élections parce qu’il n’y existait pas à cette époque d’institutions étatiques similaires dans ce qui était un pays tout neuf. Répondant à la demande des parties ivoiriennes, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé la nomination d'un Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections qui aiderait les institutions électorales ivoiriennes.

23. Malheureusement, en raison des pressions extérieures, l'élection présidentielle s’est tenue avant la réalisation des deux objectifs convenus de la réunification du pays et la création d'une armée nationale. MM. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara étaient les eux candidats en lice.

24. Le résultat de ce combat fut que les résultats des élections annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI), qui déclaraient que M. Ouattara avait gagné, confirmaient simplement la division du pays, parce que les zones contrôlées par les rebelles avaient largement voté pour M. Ouattara et celles contrôlées par le Gouvernement largement voté pour M. Gbagbo. Le chef de l'ONUCI qui a agi en tant que Haut- Représentant des Nations Unies pour les élections annonça également que M. Ouattara avait remporté les élections.

25. La Constitution ivoirienne disposait que l'arbitre final de toute élection nationale, y compris les élections présidentielles, est le Conseil constitutionnel (CC) et non la CEI. La CEI soumit son rapport au CC qui a le pouvoir de changer la décision de la CEI sur la base de sa propre évaluation de tout élément des élections.

26. Exerçant son propre mandat, le CC annula les élections dans différentes parties du territoire contrôlées par les Forces Nouvelles parce qu’il disposait de preuves concrètes que des fraudes massives, etc., avaient eu lieu dans ces zones. Il déclara donc que M. Gbagbo avait remporté les élections.

27. Bien que le Conseil de sécurité des Nations Unies aituniquement chargé le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections de soutenir les institutions électorales ivoiriennes, ce représentant élu décida d’entériner les résultats de la CEI selon lesquels M. Ouattara avait été élu et ouvertement rejeta la décision de la CC qui faisait de M. Gbagbo le vainqueur.

28. Dans cette situation, M. Gbagbo appela à un recomptage des voix du scrutin et suggéra l'implication des diverses institutions internationales dans ce processus, y compris l'Organisation des Nations Unies, l'Union africaine et l'Union européenne. Cet appel fut rejeté par l’Onu et toutes les autres institutions contactées.

29. En fin de compte, M. Gbagbo contacta l'Union africaine et informa l'organisation qu'il était prêt et disposé à quitter le siège du Président afin de mettre fin au conflit dans le pays. Il demanda que l'UA envoie une délégation en Côte d'Ivoire afin de faciliter le processus de sa remise du pouvoir à M. Ouattara afin que le conflit de l'époque pris fin et éviter ainsi au pays des conflits futurs. L’UA accepta sa proposition.

30. En conséquence, l'UA a informé l'ONUCI qu'une délégation de Chefs d'État africains se rendrait à Abidjan pour exécuter leur mission comme proposé par M. Gbagbo. L'ONUCI s'est engagée à prendre les mesures de sécurité nécessaires pour cette délégation et les communiquer à l'UA. Cela n’a jamais été fait. Par conséquent, l'UA n'a jamais réussi à accomplir sa mission qui aurait permis de mettre fin pacifiquement au conflit d’alors.

31. Au lieu de cela, en 2011, tant l'ONU, par le biais de l'ONUCI que la France, dans le cadre de l'opération Licorne, déployée en Côte d'Ivoire en tant que forces neutres de maintien de la paix, ont demandé à ces forces de lancer des attaques militaires contre M. Gbagbo. Elles l’ont alors capturé et remis en fait aux mêmes forces nouvelles qui s'étaient rebellés contre le gouvernement élu de M. Gbagbo en 2002.

32. En 2011, à la suite du transfert de M. Gbagbo à la CPI, des élections législatives ont eu lieu en Côte d'Ivoire. Le FPI, le parti politique de M. Gbagbo a appelé au boycott des élections et n'y a pas participé. Plus de soixante pour cent (60 %) des électeurs inscrits n'ont pas participé aux élections.

33. Madame le Procureur, aux yeux de nombreux Ivoiriens, ce qui précède est l’expression d’un cortège d’injustices. C’est l'un des principaux facteurs qui alimentent la dangereuse division et l'animosité qui concernent une grande partie de la population ivoirienne - du fait que, entre autres :

33.1. en 2002, une rébellion armée a éclaté en Côte d'Ivoire cherchant à renverser par la violence et de manière inconstitutionnelle le Président Gbagbo et son gouvernement d’alors. Personne n'a jamais été poursuivi pour cet acte de trahison.

33.2. Plutôt, les putschistes ont été soutenus pendant de nombreuses années, des armes à la main, jusqu'à ce qu'ils réalisent leur objectif de prendre le contrôle d’Abidjan en 2011.

33.3. Comme nous l'avons indiqué, la pression extérieure a été actionnée afin d’obliger alors le Président Gbagbo à consentir à la tenue d'élections présidentielles dans des conditions qui étaient contraires aux accords négociés entre les parties ivoiriennes, conditions qui manifestement ne pouvaient garantir des élections libres et justes.

33.4. Encore une fois, comme nous l'ont fait remarquer, le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire a outrepassé ses pouvoirs et violé la Constitution de la Côte d'Ivoire en annonçant que M. Ouattara avait été élu président pendant les élections de 2010, en se fondant sur la décision de la CEI plutôt que sur celle du Conseil constitutionnel, constitutionnellement compétente pour valider les élections.

33.5. Cela a servi de prétexte à l'ONU et aux forces françaises pour abandonner leurs mandats de forces neutres de maintien de la paix, pour ainsi permettre aux Forces Nouvelles rebelles d’entrer à Abidjan pour déposer par la force le président Gbagbo. L'ONU et les Français ont rejoint les Forces nouvelles pour lancer l'attaque contre M. Gbagbo pour ensuite l’arrêter et le remettre aux Forces nouvelles.

33.6. Le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections n’a notamment rien fait pour donner une suite favorable à la demande tout à fait régulière de M. Gbagbo d’organiser un recomptage des voix du scrutin sous la supervision de la communauté internationale afin de mettre fin à la controverse de savoir qui avait remporté l'élection présidentielle, même après que M. Gbagbo ait également déclaré que lui et M. Ouattara devraient accepter le résultat du recomptage comme définitif et irrévocable.

33.7. L'ONU notamment et d'autres acteurs, n'ont rien fait pour reconnaître le rôle vital joué par M. Gbagbo pour ramener la paix en Côte d'Ivoire quand il a utilisé les pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution pour permettre à M. Ouattara de se présenter à l'élection présidentielle et devenir le Président de la République s'il remportait les élections. M. Gbagbo avait ainsi audacieusement résolu l'une des questions centrales qui avaient conduit à la rébellion de 2002 et à la tentative de coup d'État, et a donc commencé le processus de répudiation de la politique de division de l’ivoirité que ses prédécesseurs avaient instituée.

33.8. Tout aussi, ces acteurs n'ont pas prêté attention à la position d'une importance vitale que le Président Gbagbo a ensuite prise lorsqu'il a accepté qu’un Gouvernement intérimaire multipartite gère la transition jusqu’à la tenue des élections présidentielles. Pour montrer sa détermination à cet égard, il a même accepté que le leader des Forces nouvelles exerce la fonction de Premier ministre, à la tête du Gouvernement de transition.
33.9. En outre, et qui est d'une importance cruciale, nous ne pensons pas qu'étant donné leur longue implication dans le conflit ivoirien, l'ONU et la France n'aient pas été au courant de la réalité que Wanda L. Nesbitt, l'Ambassadeur des Etats-Unis près la République de la Côte d'Ivoire, a communiquée à son Gouvernement en juillet 2009 en disant :

«Il ressort à présent que l’accord de Ouaga IV, (le quatrième accord appelé Accord Politique de Ouagadougou qui prescrivait que le désarmement doit précéder les élections) est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré (Président du Burkina Faso) et Laurent Gbagbo en vue de partager le contrôle du nord jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle en dépit du fait que le texte en appelle aux Forces Nouvelles de restituer le contrôle du nord du pays au gouvernement et d’achever le désarmement deux mois avant la tenue des élections…

« Mais en attendant la création d’une nouvelle armée nationale, les 5 000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être ‘’désarmés’’ et regroupés dans des casernes dans quatre villes clés du nord et de l’ouest du pays représentent une sérieuse force militaire que les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont l’intention de maintenir bien formée et en réserve jusqu’au lendemain de l’élection. La cession du pouvoir administratif des FAFN aux autorités du gouvernement civil est une condition sinequa non pour les élections, mais comme le confirment des voyageurs dans le nord (y compris le personnel de l’ambassade), les FAFN maintiennent un contrôle absolu de la région en particulier en ce qui concerne les finances.»

34. Une fois de plus, aux yeux de millions d’Ivoiriens, ce qui précède et d'autres éléments liés à l'histoire ivoirienne présentent un tableau très troublant. La réalité est que depuis l'époque du Président Félix Houphouët-Boigny, notamment lorsque M. Alassane Ouattara était son Premier ministre, il a existé un plan pour neutraliser M. Gbagbo et la formation politique à laquelle il appartenait, le Front populaire ivoirien(FPI). Au cours de cette période M. Gbagbo a été emprisonné deux fois pendant de longues périodes et était régulièrement persécuté par les organes de sécurité de l'État en raison de sa campagne politique soutenue de démocratiser la Côte d'Ivoire et de libérer le pays du contrôle néo-colonial.

34.1. Pour ces millions d’Ivoiriens qui ont partagé les vues de M. Gbagbo, il est logique de conclure que ce plan pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique qu’il a conduit a été appuyé par certains Ivoiriens et certaines forces extérieures.

34.2. Ces forces combinées sont intervenues en 2002 pour déposer par la force M. Gbagbo alors Président, mais elles échouèrent.

34.3. Toutefois elles ont veillé à ce que le groupe armé qui avait tenté le coup d'État reste en place, prêt à essayer un autre coup d'état une fois que les conditions sont de nouveau réunies - d'où l'occupation du Nord et de certaines parties de l'ouest de la Côte d'Ivoire par les Forces nouvelles.

34.4. Finalement, le moment vint lorsque huit ans après la tentative de coup d'État de 2002, la Côte d'Ivoire organisa des élections présidentielles en 2010.

34.5. Il est clair pour ses partisans ivoiriens que toutes les dispositions avaient été prises pour assurer la défaite de M. Gbagbo à ces élections. C'est pourquoi, aucune mesure n'a été prise pour le recomptage des voix comme suggéré par M. Gbagbo. Cela, en dépit du fait que c’est un processus très courant dans les cas où il y a d’importantes différences au sujet du vainqueur et du perdant des élections.

34.6. Il est également clair qu’ils avaient pris toutes les dispositions pour chasser M. Gbagbo par la force s'il contestait sa perte des élections, même si cette contestation était justifiée.

34.7. C'est pour cette raison que les Forces nouvelles ont été autorisées à se comporter comme elles l'ont fait, comme indiqué par M. Nesbitt, l'Ambassadeur des États-Unis. [Cf. : Paragraphe 33.9.1. ci-dessus]

34.8. C'est également pour cette raison que l'Union africaine (UA) n’a pas été autorisée à intervenir pour assurer le règlement pacifique du conflit post-électoral qui débuta en décembre 2010. Nous devrions aussi noter que l'UA aurait également dû chercher à négocier un accord notamment entre MM. Laurent Gbagbo et Ouattara afin de résoudre certaines des anomalies structurelles en Côte d'Ivoire qui ont eu une incidence négative sur son indépendance et sa stabilité.

34.9. Enfin pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique et anti- néo-colonialiste qu'il dirigeait, il a été décidé que la meilleure chose à faire serait de l’inculper devant une cour de justice, de le déclarer coupable pour divers chefs d’accusation et l'emprisonner pour une longue période.

34.10. Plusieurs leaders et militants du FPI ont connu le même sort.

34.11. De nombreux Ivoiriens pensent qu'une partie de cette tâche serait confiée à la Cour pénale internationale (CPI), qui servirait ainsi d’instrument utile dans la réalisation de la tâche stratégique de détruire le mouvement au service du renouveau de la Côte d'Ivoire.

35. Pertinentes questions adressées à la CPI

35.1. Par conséquent, la question se pose de savoir comment la CPI devrait répondre à cette situation où l'absence de Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire compromet les perspectives de stabilité dans ce pays, et la Cour est perçue par une grande partie d’Ivoiriens et de la société africaine comme ayant été cooptée par une faction politique pour neutraliser Laurent Gbagbo et son parti!

35.2. Cette question doit à coup sûr, interpeller lourdement la conscience des juges de la CPI, notamment au regard des effets négatifs de son action sur la nécessité cruciale et urgente d'empêcher une reprise de la guerre et de réaliser la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire, qui ne peut être atteinte sans la participation de M. Gbagbo, du FPI, et de leurs partisans.

35.3. Bien que nos contacts avec eux nous révèlent que le FPI souhaite profondément que la réconciliation nationale ait lieu et est déterminé à participer à ce processus, elle ne pourra le faire sans la participation de M. Gbagbo, qui est lui-même disposé à contribuer à cette réconciliation sans exiger la réélection des institutions de gouvernance.

35.4. Bien que nous reconnaissons que la CPI devrait poursuivre sa quête de preuves pour prononcer les inculpations et est en droit d'attendre la décision définitive de chaque cas par les juges, nous estimons qu'une réévaluation du cas de M. Gbagbo est justifiée en raison de la fragilité actuelle de la situation en Côte d'Ivoire, et par sa situation particulière, notamment la nécessité pour son implication positive dans le processus de réconciliation, d'unité et de stabilisation nationales. À cet égard, il est manifeste que :

(i) M. Gbagbo n'était pas l’auteur mais plutôt la cible du recours aux armes par les autres en 2002 pour régler les divergences politiques ;

(ii) M. Gbagbo n'était pas l'initiateur mais un adversaire de la politique d'" ivoirité " qui est à l’origine du conflit ;

(iii) M. Gbagbo, contre la volonté d'un grand nombre d’Ivoiriens, a agi afin de permettre à M. Ouattara d'accéder démocratiquement à la présidence de la Côte d'Ivoire, et a donc transmis le message aux millions de migrants économiques résidents qu'ils ne seront pas considérés comme des citoyens de seconde classe ;

(iv) M. Gbagbo était tellement déterminé que la Côte d'Ivoire redevienne une démocratie qu'il a même permis à ceux qui avaient cherché à le chasser du pouvoir par un coup d'État à diriger le gouvernement qui serait chargé de conduire la transition vers la démocratie, en la personne du chef des Forces nouvelles;

(v) M. Gbagbo était déterminé à se retirer en tant que Président de la République en faveur de M. Ouattara malgré sa conviction qu'il avait remporté les élections, évitant ainsi au pays plus de morts, de souffrances et de destructions de biens; et,

(vi) Même certains juges au sein de la CPI ont soulevé des questions au sujet de l'existence de preuves suffisantes pour condamner M. Gbagbo.

36. Le contexte ivoirien et les perceptions populaires

36.1. Madame le Procureur, comme vous l'avez vu dans nos commentaires précédents, l'arrestation du Président Gbagbo en Côte d'Ivoire et son procès à La Haye ont eu lieu dans le contexte d'une situation politique extrêmement polarisée qui a abouti à la longue guerre civile en Côte d'Ivoire et la division du pays.

36.2. Il était inévitable dans ces circonstances que les mandats d'arrêt pour Laurent et Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé alimentent la perception qu'une justice des vainqueurs est en place à la CPI : une perception aggravée par le contraste saisissant qu'aucune accusation n'a été portée contre les opposants politiques du Président Gbagbo.

36.3. Par conséquent, pour d’importantes franges de la population de Côte d'Ivoire, l’insistance de la Cour que Simone Gbagbo soit aussi remise à la CPI pour subir un procès, a accentué cette perception d’une justice partiale, qui a été renforcée par l'arrestation et le transfert de M. Blé Goudé à la CPI.

36.4. Les expériences très médiatisées de M. Gbagbo à la CPI, auxquelles nous faisons allusion ci-dessous, ont ajouté au mécontentement d’importantes franges de la population ivoirienne et mettent en péril tout projet de cohésion nationale et toute perspective de redressement.

36.5. Comme vous le savez bien, et comme nous avons cherché à le démontrer, Laurent Gbagbo reste un acteur clé dans la politique ivoirienne, avec de nombreux partisans, dont l'absence persistante dans ce que devrait être une recherche collective de la réconciliation nationale et de la stabilité en Côte d'Ivoire, expose la paix et la stabilité du pays à un risque extrême.

36.6. En outre, jusqu'à présent, certaines caractéristiques des procédures de la CPI aggravent également l'effet de polarisation de l'arrestation, de la détention et des poursuites de M. Gbagbo.

37. Les problèmes soulevés par le processus de confirmation

37.1. Madame le Procureur, comme vous le savez, le déroulement du procès de M. Gbagbo est suivi de très près en Côte d'Ivoire, et le processus de confirmation des charges retenues contre Laurent Gbagbo a suscité un intérêt particulier. Force est de reconnaître que ce processus ne s’est pas déroulé sans heurts. Qu’il vous souvienne qu’en juin 2013, par une décision majoritaire, la Chambre préliminaire (I) a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves à ce stade pour confirmer les accusations portées contre M. Gbagbo.

37.2. Le fait que la Chambre ait néanmoins alloué au procureur un temps additionnel pour fournir des preuves supplémentaires pour renforcer son cas et, qu’un an plus tard, en juin 2014, la Chambre ait pu confirmer ces charges uniquement par la décision de la majorité n'a pas échappé aux observateurs. Ni le fait que l'un des éminents juges ait donné un avis complètement dissident, expliquant pourquoi elle n'était pas convaincue de la qualité des preuves qui pourraient attester de la participation de M. Gbagbo aux crimes présumés.

37.3. Pour les observateurs intéressés, notamment en Côte d'ivoire mais également en dehors de ce pays, ce fut donc une approbation mitigée des accusations contre Laurent Gbagbo. Par ailleurs, cette division dans l'opinion judiciaire a accentué la perception de l’insuffisance juridique des preuves contre M. Gbagbo.

37.4. Pire encore, vous comprendrez, Madame le Procureur, que tout cela a fermement confirmé la conviction des partisans de M. Gbagbo qu'il ne devait répondre d’aucun chef d’accusation en première instance et que la CPI s’employait à s’assurer que l'objectif prédéterminé de l’inculper était atteint.

38. Les retards dans l’affaire

38.1. Il y a d'autres éléments de l'affaire qu'il faut garder à l'esprit. Près de quatre ans après son transfert à La Haye, le procès de M. Gbagbo n'a toujours pas commencé. Bien que ce retard soit imputable à plusieurs raisons, y compris la complexité même des procédures, et la nécessité de veiller à ce que toutes les parties soient bien préparées pour tout procès; et bien que les retards dans le contexte des procès à la CPI peuvent ne pas être inhabituels, il est indéniable que plus cette affaire traine plus il y a des risques que cela attise les tensions politiques en Côte d'Ivoire auxquelles nous avons déjà fait allusion.

38.2. Comme vous le savez, les retards seraient perçus par les partisans de M. Gbagbo comme une expression délibérée et hostile du principe selon lequel - justice différée équivaut à déni de justice.

39. Détention prolongée

39.1. Le retard accusé dans cette affaire affecte énormément M. Gbagbo en raison de son maintien en détention à La Haye. En dépit des efforts incontestables de son équipe de défense, elle n’a pu obtenir la liberté provisoire de son client, bien que, selon les décisions de la Cour, un État tiers avait, à ce qu’il parait, accepté d’accueillir M. Gbagbo et qu'il assurerait sa présence à la Cour chaque fois que nécessaire. Un aspect particulièrement triste de sa détention est que l'an dernier, M. Gbagbo n’a même pas pu être libéré pour quelques jours pour assister à l'inhumation sa mère.

40. Bien que diverses décisions judiciaires puissent avoir été prises pour confirmer les accusations et maintenir M. Gbagbo en détention, il est impossible d'ignorer la réalité que cette affaire continue de polariser la Côte d'Ivoire et compliquer la transformation cruciale de son paysage historique général.

40.1. C'est une préoccupation importante, et c’est elle qui justifie notre Appel, et qui crée, à notre avis, l'impératif de réévaluer l'affaire Gbagbo, et en particulier d'interroger la nécessité d'une poursuite qui a déjà montré des insuffisances manifestes qui sont suffisamment graves pour avoir entrainé une forte dissidence judiciaire contre la confirmation des charges.

41. Contexte général

41.1. En 1998, lorsqu'il a été signé, les États ont reconnu que le Statut de Rome pourrait fonctionner au sein du système des relations internationales et entraînerait inévitablement un empiétement sur la souveraineté des États. Toutefois, les négociateurs du traité ont à juste titre rejeté l'idée de tout mécanisme de filtrage ou de contrôle externe des travaux de la CPI parce que cela aurait constitué une interférence inacceptable à l'exercice de la discrétion et la prise de décisions du Procureur et des juges.

41.2. Toutefois, dans le but de protéger l’indépendance de la Cour, les États n'avaient pas abandonné l'idée que la nouvelle cour devait fonctionner d'une manière qui reconnaisse la complexité du système international ou dans les contextes nationaux et se sont fondés sur l'option de prendre dûment en considération, le cas échéant, la nécessité de favoriser les processus nationaux.

41.3. Plutôt, et au lieu de cela, les signataires du Statut ont confié au Procureur et aux juges, par une utilisation judicieuse de de leur pouvoir discrétionnaire, le droit et le devoir de procéder aux appréciations nécessaires pour que lorsque, les procédures de la CPI sont inappropriées ou contraire aux intérêts de la justice, prennent en compte toutes les considérations pertinentes, y compris l'impact de ses interventions sur la paix durable et la stabilité dans les sociétés.

41.4. Nous considérons donc que le Statut de Rome devrait rester entre les mains de la CPI comme un instrument vivant, capable d'une part, de poursuivre les responsabilités individuelles pour les crimes les plus graves, tout en préservant dans le même temps la capacité de répondre avec souplesse aux spécificités de chaque cas, en évitant de causer des préjudices. Cette approche, de notre point de vue, est compatible avec l'objet et le texte du Statut comme nous le comprenons.

41.5. Madame le Procureur, à notre avis, l'indépendance même de votre bureau, et celle des juges, sert à protéger les décideurs de la Cour de toute interférence, leur permettant ainsi de mettre en œuvre la sagesse qui est nécessaire à la Cour afin de contribuer à la recherche de solutions aux crises majeures au sein desquelles la Cour fonctionne inévitablement. Partant, la solidité et la valeur du Statut de Rome seront jugées non pas par l'inflexibilité de la CPI dans l'exercice de la justice, mais par sa capacité de réaction face à la complexité et à la nuance des diverses situations dont la CPI sera saisie.

41.5.1. À cet égard, nous devons souligner que notre Appeln’a nullement pour intention de mettre en doute ou compromettre la nécessité de tenir pour responsables tous ceux qui commettent des infractions graves énoncées dans le Statut de Rome, et les obligations de la CPI à cet égard. Nous voudrions croire que comme ils traitent de la question extrêmement importante de la réconciliation nationale, les Ivoiriens se pencheront également sur la question de la justice, pleinement conscients de l'interconnexion entre les deux.

42. Retraits des chefs d’accusation contre Gbagbo

42.1. Madame le Procureur, nous reconnaissons que les défis auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée ne sont pas propres à ce pays, et que dans d'autres contextes également, votre bureau sera familiarisé avec les tensions entre les travaux de la CPI et les impératifs pour garantir la stabilité dans ces pays. Mais comme nous avons cherché à le démontrer, l'arrestation de Laurent Gbagbo a manifestement échoué à contribuer à la réconciliation politique et au redressement de ce pays, mais a plutôt freiné ce processus, polarisé les opinions et exacerbé les divisions de la société ivoirienne à tel point que nous sommes maintenant gravement préoccupés par la perspective de la reprise du conflit dans ce pays.

42.2. Nous sommes convaincus que l'effet cumulatif de la situation politique fragile en Côte d'Ivoire qui nécessite des efforts concertés pour parvenir à la réconciliation; les impacts négatifs actuels du procès de Gbagbo sur cette situation; l'occasion pour M. Gbagbo de faire une immense contribution à la recherche d'un règlement pacifique et de solutions humaines pour la Côte d'Ivoire; les incertitudes entourant les preuves contre lui; ainsi que les divers autres éléments personnelle à M. Gbagbo, justifient largement l’interruption du procès.

42.3. Madame le Procureur, vous nous pardonnerez pour le fait que nous ne soyons pas des spécialistes du Règlement de la Cour, et laisserons à votre appréciation la question des procédures nécessaires pour atteindre un résultat qui soit juste et équitable pour la Côte d'Ivoire, tout en reconnaissant que toute décision peut faire l'objet de confirmation judiciaire. Toutefois, nous espérons que vous comprendrez que nous avons une solide connaissance de la situation en Côte d'Ivoire et que vous nous rejoindrez dans la parfaite connaissance des défis de la construction de sociétés unies en Afrique, par dialogue.

42.4. Madame le Procureur, nous devons souligner que rien de ce que nous disons ici ne vise à minimiser les crimes qui ont été commis dans le cadre de la contestation politique en Côte d'Ivoire. Nous adhérons à l'idée que les crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale dans son ensemble ne devraient pas rester impunis mais devraient principalement être traités par des mesures prises au niveau national. À notre humble avis, en vertu du Statut de Rome, la Cour devrait, dans les circonstances qui prévalent en Côte d'Ivoire, s'en remettre à l'actuel processus national et aux mécanismes que les Ivoiriens, collectivement adopteront pour assurer la responsabilisation et la réconciliation relativement aux exactions commises lors de la crise dans ce pays.

42.5. Bien que nous reconnaissions que toute décision d’abandonner des charges pénales puisse être assujettie à l'autorisation des juges, nous sommes convaincus qu'à la lumière des nombreuses informations et analyses à votre disposition, ainsi que des problèmes que nous avons pu identifier dans la présente lettre, votre bureau, Madame le Procureur, est bien placé et équipé pour traiter cette question d'une manière qui va à la fois faire avancer la cause de la Cour et du peuple de Côte d'Ivoire, mais aussi de l'ensemble de l'Afrique.

43. Nous voudrions donc vous demander, Madame le Procureur, de réexaminer l'affaire Laurent Gbagbo et entamer le processus de son retrait ou de son interruption. Nous sommes convaincus que cette option est la meilleure façon pour la Cour de contribuer à la réalisation de la réconciliation nationale et de l'unité, de la stabilité, du redressement et de la responsabilisation de la Côte d'Ivoire, en donnant la possibilité à tous les Ivoiriens de se réunir pour régler leurs différends sans recourir à l'usage des armes.

Veuillez agréer Madame le Procureur, l'expression de nos sentiments distingués.
 
Les anciens Chefs d'Etats Africains
Africa Forum

Johannesburg
South A
frica
21 Janvier 2016, 10:21am
Publié par Mspdi Ubuntu
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